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Négociations de l’OMC « Une base solide » pour conclure en 2009

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« Nous prenons acte des progrès majeurs réalisés en 2008 vers une finalisation du cycle de négociations de Doha qui fournissent une base solide pour une résolution rapide des divergences restantes en 2009 », ont affirmé le 31 janvier les ministres du commerce de 18 membres de l’OMC réunis en marge du Forum économique mondial de Davos. Cette déclaration pieuse intervient alors que les tentations protectionnistes aux Etats-Unis (« Buy American ») en cette période économique très difficile soulèvent des inquiétudes supplémentaires. Le cycle de Doha sera à l’ordre du jour du sommet du G-20 début avril à Londres, a confirmé le premier ministre britannique, Gordon Brown.

La déclaration adoptée à Davos par les ministres d’une vingtaine de membres de l’OMC, dont ceux du Brésil, du Japon, de l’Inde, de l’Australie, de la Chine et la commissaire européenne Catherine Ashton, plaide aussi en faveur d’un « commerce ouvert pour la relance économique » et demande d’éviter de nouvelles barrières aux échanges ou des restrictions à l’exportation. Elle a été avalisée par le représentant américain au commerce faisant fonction, Peter Allgeier. Désigné pour occuper ce poste dans l’administration Obama, Ron Kirk doit encore être entendu par le Congrès.

Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, a averti pour sa part que le commerce était « déjà une victime » du ralentissement global, avec de fortes baisses des échanges qui risquent de se traduire par davantage de chômage.

Quel créneau pour une réunion ministérielle ?

La ministre suisse de l’Economie, Doris Leuthard, qui organisait la rencontre « mini-ministérielle » de Davos, a souhaité devant la presse la tenue d’une réunion ministérielle à l’OMC avant le sommet du G-20 le 2 avril à Londres, dans l’espoir que le commerce figure au menu de cette rencontre qui doit être centrée sur la réforme du système financier international. De son côté, la secrétaire d’Etat française au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, a estimé qu’ « on pourrait avoir une conférence ministérielle de l’OMC en mai ou juillet pour conclure le cycle de Doha ».

Quant au ministre indien du Commerce, Kamal Nath, il s’est déclaré « optimiste », assurant que, « dans les prochains mois, avec des négociations intensives, nous devrions être capables de boucler ce cycle ».

Outre l’inconnue américaine, le calendrier politique est peu propice au cycle de Doha, avec la perspective d’élections générales en avril ou mai en Inde (où le parti de M. Nath ne part pas favori) et d’ici septembre au Japon. A cela s’ajoute le renouvellement de la Commission européenne en novembre.

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S’il devait y avoir un créneau pour une session ministérielle de l’OMC, ce serait plutôt fin juillet ou début septembre, estime-t-on à Genève.

Pascal Lamy attend un « nouvel élan » du sommet du G-20

S’adressant le 3 février à Genève au Conseil général de l’OMC, Pascal Lamy a dit attendre avec impatience que le sommet du G-20, début avril à Londres, « donne un nouvel élan » au cycle de Doha.

« Je crois que les raisons fondamentales qui rendent ce cycle nécessaire sont encore plus impérieuses et urgentes qu’elles ne l’étaient à la fin de l’année dernière, a déclaré le directeur général de l’OMC. Le commerce avec ses effets multiplicateurs fait partie des paquets de relance économiques que le membres sont en train d’adopter ».

« Les projections de croissance mondiale sont aujourd’hui à 0%, les pays développés affichant une croissance négative de -2% et les pays en développement une croissance positive de quelque 5%. Cette dernière est due aux pays émergents qui sont très dépendants des échanges », a expliqué M. Lamy.