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Les Français et les agriculteurs Une bonne image mais très dépendante des événements

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Les Français ont globalement une bonne image des agriculteurs. C'est ce que montrent régulièrement des sondages, notamment ceux réalisés par l'Ifop pour un baromètre régulièrement publié par Ouest France. Cependant, une analyse de ces sondages par Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d'entreprise de l'Ifop, montre que cette image varie sensiblement en fonction des événements d'actualité.

LES Français sont très sensibles aux événements d'actualité quant à l'image qu'ils se font des agriculteurs. C'est ce que montre une étude de Jérôme Fourquet, un des patrons de l'institut de sondage Ifop. À l'occasion du dernier Salon de l'agriculture, l'Ifop publiait un baromètre réalisé pour Ouest France. Il montrait que 70% des Français estiment qu'ils peuvent avoir confiance dans les agriculteurs et que 59% de la population pensent que les agriculteurs sont respectueux de la santé des Français. Plutôt satisfaisants, ces pourcentages ont cependant été plus élevés… ou plus bas. Exemple, avant l'affaire de la viande de cheval dans des plats préparés, ces deux indices de confiance atteignaient respectivement 80% et 69%. Ils se sont dégradés depuis. Ils s'étaient également dégradés au lendemain de la grippe aviaire de 2006-2009.

Compétitivité

Autre exemple, celui de la compétitivité. En février 2009, 64% des Français jugent les agriculteurs compétitifs. Survient la grande crise laitière de cette année-là. Ce pourcentage tombe ensuite à 56%. Il se redresse jusqu'en 2012 à 64% puis redescend à nouveau lorsque les Français apprennent que le prix du lait est trop bas selon les éleveurs. Sous le coup des épandages de lait de l'époque, une proportion moins importante des Français jugent alors les agriculteurs respectueux de l'environnement.

Un phénomène inverse marque le rapport entre les agriculteurs et la violence. Au moment de la crise laitière, le pourcentage des sondés qui jugent les agriculteurs violents passe de 19% à 28%.

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Prêts à payer plus cher

Ces évolutions n'empêchent pas la plus grande part de la population de considérer que les différents mouvements sociaux des agriculteurs sont bien fondés, voire mieux fondés que pour d'autres professions. Au moment de la crise laitière de 2009, ils étaient 92% à considérer les manifestations tout à fait justifiées ou plutôt justifiées. Une légère majorité de Français, 54%, se déclarent d'ailleurs, en 2014, prêts à payer plus cher leurs produits alimentaires pour assurer un revenu correct aux agriculteurs. Cependant, cette majorité était de 61% en 2013. Une baisse sans doute expliquée par les difficultés économiques qui atteignent aujourd'hui les Français dans leur plus grand nombre.

Qualité

Cette dégradation coïncide aussi avec un jugement plus négatif des citoyens vis-à-vis des produits alimentaires. En 2006, 58% des Français jugent que la qualité alimentaire des produits s'est plutôt améliorée depuis dix ans. En 2009 ils ne sont plus que 47% à porter ce jugement positif contre 48% qui ont une opinion négative. Le rapport entre les deux appréciations s'est inversé, surtout après l'impact de l'affaire de la viande de cheval. Même phénomène avec l'étude Séralini sur les OGM. Le pourcentage de gens inquiets de la présence d'OGM dans les aliments tournait autour de 65% jusqu'en 2011. Aussitôt après la publication très médiatisée de l'étude Séralini, cette proportion atteint 79%. Quand bien même ce travail était, peu après… largement contesté par la communauté scientifique.