Regrettant une connaissance "partielle et hétérogène" en matière de contamination de l’air par les pesticides, l’Anses va piloter au printemps 2018 une campagne d’évaluation. Les résultats devront servir à élaborer une stratégie de surveillance à plus long terme.
Les associations de surveillance de la qualité de l’air mesureront en 2018 la présence des pesticides dans l’air, dans le cadre d’une campagne exploratoire destinée à mieux évaluer l’exposition de la population française, a indiqué ATMO France, qui fédère ces organismes. La campagne, pilotée par l’Anses en lien avec l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), devrait commencer au printemps 2018 sur une cinquantaine de sites de mesure, a-t-on précisé le 28 novembre à ATMO France. « L’objectif est d’évaluer l’exposition moyenne de la population à cette pollution de fond, mais aussi d’identifier d’éventuelles situations de surexposition (professionnels, riverains…) », a ajouté le réseau dans un communiqué.
Mi-octobre, l’Anses avait estimé « partielle et hétérogène » la connaissance des niveaux de contamination de l’air par les pesticides, alors que « des études épidémiologiques mettent en évidence des associations entre des expositions aux pesticides et différentes pathologies chroniques ». L’Anses avait alors recommandé une surveillance nationale, pendant un an, de 90 substances prioritaires (substances chimiques entrant dans la composition de produits phyto, biocides, médicaments vétérinaires et antiparasitaires à usage humain). La liste des substances qui seront mesurées sera définie parmi ces 90 produits, selon ATMO France. Les résultats de cette campagne exploratoire devraient ensuite permettre d’élaborer une stratégie de surveillance à plus long terme.
Des évaluations jusqu’ici locales et ponctuelles
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Selon l’Anses, certains produits – comme le fipronil à l’origine l’été dernier d’une crise liée à la découverte d’oeufs contaminés dans plusieurs pays européens – sont déjà considérés d’emblée comme présents dans l’air et devant être surveillés à plus long terme. La présence dans l’air de certains autres n’est en revanche pas avérée, par exemple le glyphosate dont l’UE vient de renouveler l’autorisation pour cinq ans. Le glyphosate nécessitant un matériel spécifique pour son prélèvement dans l’air, seule une petite partie des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) pourront le mesurer, a-ton précisé à ATMO France.
Les AASQA sont chargées de mesurer la qualité de l’air et d’alerter en cas de pollution au dioxyde d’azote ou aux particules fines, mais les données relatives aux pesticides ont jusqu’à présent été collectées par le biais d’initiatives locales et ponctuelles.