Trois organisations non gouvernementales ont annoncé le 1 octobre le lancement d’une campagne visant à sensibiliser les citoyens contre l’économie des biocarburants à vaste échelle dans le monde. Elles veulent notamment combattre une économie basée sur un système agro-industriel de production au Sud pour les autos du Nord.
Trois organisations non gouvernementales, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), Oxfam-France /Agir Ici et les Amis de la Terre ont annoncé le 1 er octobre le lancement le jour même d’une campagne visant à sensibiliser les citoyens contre l’économie des biocarburants à vaste échelle dans le monde.
Thème : « Les agrocarburants, ça nourrit pas son monde ». Sous ce slogan, figure la photo d’une femme d’un pays tropical, aux pieds nus, en train de tenter de remplir une assiette avec le pistolet d’une pompe à essence.
Cette campagne de sensibilisation se fera par le biais d’un site internet : ‹www. agrocarb. fr›.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un projet indonésien : la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Suisse réunis
Les trois organisations dénoncent avec une vigueur particulière les programmes de plantation de palmiers à huile (Indonésie, Malaisie, Colombie) et de canne à sucre (Brésil, Ghana) dans les pays du Sud, pour faire rouler les autos européennes et américaines. Un système mondial, avec de gigantesques programmes de plantations en monoculture et des équipements agro-industriels éclipsant l’agriculture vivrière et familiale, en vue de compléter une production insuffisante de biocarburants en Europe et aux États-Unis est en train de se dessiner, analysent leurs porte-parole.
Ginting Longgena, militant indonésien des Amis de la Terre, a indiqué que l’Indonésie projette le développement de palmiers à huile, de 7,3 millions d’hectares actuellement à 20 millions d’hectares, soit la superficie de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas et de la Suisse réunis. Ce genre de programmes ne se met jamais en œuvre sans exactions sur les populations locales, a-t-il témoigné.
Pour les porte-parole des organisations, « il ne faut pas tout jeter à la poubelle », s’agissant des biocarburants. Jean-Denis Crola, chargé du programme agriculture et commerce chez Oxfam-France /Agir ici, a évoqué des programmes à échelle locale au Mali, qui consistent à planter des haies de jatropha, arbres produisant de l’huile. Cette huile devrait alimenter des générateurs d’électricité en régions isolées, et non être exportée pour faire rouler les autos européennes, a-t-il précisé. De même, l’objectif européen de 10% de biocarburants en 2020 est viable s’il est atteint de façon naturelle par certains pays déjà bien dotés en sucreries-distilleries, qui sans la production d’éthanol, fermeraient, a souligné pour sa part Ambroise Mazal, chargé de la souveraineté alimentaire au CCFD.