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OMC Une conférence ministérielle peu convaincante

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Les participants à la conférence ministérielle de l’OMC, qui s’est tenue du 30 novembre au 2 décembre à Genève, ont réaffirmé leur volonté de boucler le cycle de Doha en 2010 mais se sont bien gardés de faire de nouvelles propositions propres à sortir les négociations de l’impasse. Celles-ci n’étaient d’ailleurs pas officiellement à l’ordre du jour de cette réunion consacrée aux activités de l’organisation et à sa contribution à la relance et au développement. Il revient aux hauts fonctionnaires de poursuivre les travaux. « Les dirigeants politiques sont pratiquement unanimes à assurer qu’ils veulent conclure en 2010, mais il ne suffit pas de le réaffirmer », a averti Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC.

Les pourparlers de l’OMC vont se poursuivre à Genève durant la semaine du 14 décembre entre les hauts fonctionnaires des pays membres, l’objectif étant de faire le point sur les échanges de vues entre les ministres et de prévoir les prochaines étapes. Un exercice que les Etats-Unis semblent aborder sans grande conviction.
La précédente semaine de négociation au niveau des hauts fonctionnaires, ouverte le 23 septembre, avait permis de réaliser des progrès sur « une série de questions techniques, encore que pour le moment les écarts n’aient pas été comblés en ce qui concerne les questions décisives, et qu’il faille accélérer les travaux à ce propos », selon Pascal Lamy.

« Pas encore complètement à l’agenda des Etats-Unis »
Lors de la conférence ministérielle, Ron Kirk, le représentant américain pour le commerce, a jugé possible de boucler le cycle de Doha en 2010, tout en soulignant que cela ne dépendait pas uniquement des Etats-Unis. Il a plaidé pour la poursuite des pourparlers quelle qu’en soit la forme, y compris bilatéraux, et réitéré la demande de Washington d’un meilleur accès aux marchés des pays émergents et en voie de développement par rapport aux propositions mises sur la table en décembre 2008, tant pour l’agriculture que pour les tarifs industriels et les services.
« L’équipe de négociations américaine est prête pour la phase finale » des discussions, a affirmé M. Kirk. Cependant, le ministre brésilien des affaires étrangères, Celso Amorim, a déploré de son côté que les contacts bilatéraux souhaités par les Américains avec les principaux pays émergents n’aient pas permis pour l’instant de progresser, car, selon lui, les Etats-Unis demandent plus d’efforts à leurs partenaires mais ne précisent pas les concessions qu’ils recherchent.
« Doha ne semble pas encore complètement à l’agenda des Etats-Unis », a estimé de même la secrétaire d’Etat française au commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, ajoutant que son impression était similaire en ce qui concerne l’Inde.

Le groupe de Cairns « déçu »
Pour sa part, la commissaire européenne Mariann Fischer Boel a souligné que l’UE recherchait encore des améliorations en ce qui concerne la protection des indications géographiques et l’accès au marché dans le secteur des services. Les ministres du commerce du groupe de Cairns, qui rassemble 19 pays exportateurs agricoles, se sont quant à eux déclarés « déçus par les progrès limités accomplis dans la réduction des différends sur les questions agricoles ».
De leur côté, les pays en développement ont insisté sur la nécessité de conclure le cycle de Doha le plus tôt possible sur la base de ce qui a été négocié en décembre 2008. L’Inde a souligné dans ce contexte l’importance d’un compromis sur le mécanisme de sauvegarde spéciale, sujet sur lequel aucun progrès n’a été enregistré, selon elle. Les pays africains ont par ailleurs soulevé la question récurrente des subventions dans le secteur du coton, mais les Etats-Unis ne semblent pas disposés à bouger sur ce point.

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