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MSA Une conférence pour « éduquer les patients » sur le médicament

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Participant à la campagne de maîtrise des dépenses de santé, la Mutualité sociale agricole va programmer à la rentrée, sur l’ensemble du territoire, plusieurs conférences débats, « pour responsabiliser les assurés ». Parmi elles, sera proposé le sujet « Recours au médicament : à prendre à bon escient ».

La Mutualité sociale agricole (MSA), qui est membre de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), s’est engagée dans la maîtrise médicalisée des dépenses avec la volonté de responsabiliser tous les acteurs, professionnels de santé et assurés, afin de contribuer à la réussite de la réforme de l’assurance maladie initiée par les pouvoirs publics en août 2004. Elle proposera à partir de la rentrée, plusieurs conférences débats sur l’ensemble du territoire. Un des thèmes proposé sera le bon usage du médicament : « Recours au médicament : à prendre à bon escient». Objectif : « éduquer les patients ».

Le problème des résistances aux antibiotiques

Avec cette conférence, le but de la MSA est clair : « amener les personnes à maîtriser leur consommation médicamenteuse ». Car « le médicament n’est pas un produit comme les autres » rappelle la MSA. Il est destiné à soigner et à prévenir les maladies. Il convient de l’utiliser avec précautions. Certains médicaments, comme les somnifères, peuvent créer des dépendances. D’autres comme les antibiotiques, peuvent créer des résistances. La MSA souhaite attirer particulièrement l’attention sur ce problème. La résistance bactérienne aux antibiotiques a connu une forte progression en France ces dernières années. L’usage excessif des antibiotiques en est clairement la cause et le fait que la France détienne le record de la consommation d’antibiotiques en Europe n’y est pas étranger : 36 doses par jour pour 1 000 habitants contre 14 pour l’Allemagne. « Il s’agit d’un problème de santé publique grave qui a incité le ministre de la Santé à lancer un programme visant à une meilleure utilisation des antibiotiques en 2001 » indique la caisse agricole. La MSA s’est associée depuis 4 ans à cette campagne qui sensibilise médecins et patients : « les antibiotiques, c’est pas systématique !». Et depuis 2003, on observe des effets positifs. Les prescriptions d’antibiotiques ont baissé de 10 % en 2003 et de 6 % en 2004. Malgré ces bons chiffres, « l’effort doit être maintenu» précise la MSA.

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Respecter une bonne hygiène de vie

Le médicament n’est en aucune façon «une pilule magique» qui va guérir tous les maux. S’il existe des traitements médicamenteux efficaces pour de nombreuses maladies (coeur et vaisseaux, articulations, système digestif etc.), « il faut adopter une bonne hygiène de vie, pour potentialiser leurs actions ». Un exemple frappant est celui des statines, médicaments qui diminuent la synthèse du cholestérol et entraînent une diminution du LDL-cholestérol dit « mauvais cholestérol». Sur près de 60 000 adhérents MSA qui ont participé aux examens de santé en 2003, 16 % des 35-54 ans et 20,8 % des 55-65 ans présentaient un taux trop élevé de cholestérol, soit près de 37 % des personnes auscultées. Dans de nombreux cas, une mauvaise hygiène de vie est à l’origine de cet excès. Le traitement médicamenteux peut être parfois retardé, voire évité, grâce à une attitude préventive : traitement diététique, activité sportive... Pour les cas plus graves, le traitement médicamenteux ne suffit pas si les facteurs de risques ne sont pas corrigés parallèlement : sédentarité, surpoids...

Privilégier les génériques

La MSA souhaite encourager également l’utilisation plus systématique des médicaments génériques, qui sont bien « des médicaments comme les autres ». Le médicament générique est la copie autorisée d’un médicament dont le brevet est tombé dans le domaine public. Il s’agit de la même molécule, aux mêmes doses et soumise aux mêmes contrôles qualité. Le médicament générique possède donc exactement la même efficacité que les autres médicaments et est environ 30 % moins cher. Très en retard sur ces voisins européens il y a quelques années, la France rattrape peu à peu ce handicap. Dernièrement, au premier trimestre 2005, les génériques ont représenté 10,5 % du total des remboursements des médicaments du régime agricole, soit une augmentation de +2,5 points par rapport au premier trimestre 2004.