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A Paris, ce règlement est très mal reçu dans la profession des plats cuisinés, notamment. Le directeur général d’Adepale (association des produits alimentaires élaborés), Vincent Truelle, le cite au nombre des principaux problèmes que réserve l’actualité. Et il craint que ce ne soit « un précédent » qui pourrait se reproduire sur d’autres matières premières utilisées dans les plats cuisinés qui ne sont pas vendus au rayon surgelés.
L’argument de la protection du consommateur avancé pour exclure de ces fabrications des morceaux de viande qui ont été congelés cache, selon Adepale, une autre motivation, à l’origine de cette nouvelle norme, qui est de limiter les importations du Brésil ou de Thaïlande. Cette réforme a été sans doute voulue par le secteur avicole européen, suggère Vincent Truelle, les intérêts de l’industrie alimentaire ont été sacrifiés sans y prendre garde alors que « les fabricants ont besoin de souplesse pour assurer un bon sourcing de leurs matières premières et garantir une qualité constante des produits finis. Les risques collatéraux de cette réforme n’ont pas été pris en considération, et elle tombe en tout cas bien mal quand il faut, de plus en plus aujourd’hui, resserrer les coûts ».
Le danger que pointe Vincent Truelle est que demain le lobby des pêcheurs obtienne la même norme pour les plats à base de poisson, rendant tout à fait impossible pour les fabricants de produits élaborés de satisfaire le consommateur : à quel prix risque-t-on de vendre des tagliatelles au saumon si elles ne peuvent plus être vendues au rayon traiteur dès lors que le poisson a été acheté congelé ?
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