Les difficultés de la société Nazart, à Fougères, spécialisée en beurre et poudre, devraient aboutir de façon imminente à sa liquidation. En revanche, la collecte effectuée jusqu’ici par cette laiterie serait reprise par une coopérative en cours de constitution.
Les producteurs qui livraient leur lait à la société Nazart sont sur le point de créer une coopérative de collecte, la Blanche Hermine, basée dans l’est de l’Ille-et-Vilaine, à Billé, qui se propose de collecter 90 millions de litres de lait. Cette collecte correspond à la production des 440 éleveurs laitiers qui apportaient jusqu’à présent leur lait à l’unique laiterie du bassin, la laiterie privée Nazart, à Fougères.
La coopérative agricole la Blanche Hermine se substituerait à Nazart, placée en dépôt de bilan en octobre avec période d’observation judiciaire de deux mois. Faute de repreneurs, son arrêt définitif devrait intervenir dans les prochains jours.
C’est la solution qui a été prônée par les autorités et la profession agricole, ces derniers mois, pour assurer la survie de plusieurs centaines de producteurs.
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A l’issue de nombreuses réunions, cinq industriels se sont engagés à reprendre le lait de la Blanche Hermine, a précisé son président David Dugueperoux : Lactalis, CLE Bongrain, Triballat, LNA et la Laiterie de Saint-Malo. Ces entreprises n’auront donc pas à le collecter elles-mêmes et n’auront à le payer que sur la valorisation beurre–poudre. La nouvelle coopérative de collecte a déposé une offre de reprise partielle d’actifs (camions, tanks à lait…) au tribunal de commerce. Elle pourrait aussi reprendre des chauffeurs de camions et des personnels administratifs, a précisé M. Dugueperoux. En revanche, aucun investissement n’a été chiffré. Et pour cause.
Le schéma monté par les producteurs ne tient qu’à la condition qu’un fonds de solidarité entre les producteurs de lait français, tout du moins du Grand Ouest, voie le jour. « Sinon, on ne pourra pas tenir », résume David Dugueperoux. Reste à faire valider ce système au niveau national. Le syndicalisme régional breton parle de la date du 1er janvier pour sa mise en œuvre. La Fédération nationale des producteurs de lait pousse à la roue. Mais, à l’interprofession laitière (Cniel), on indiquait en début de semaine que les discussions n’avaient pas encore commencé.