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Production porcine Une déclaration européenne met fin à la castration chirurgicale des porcs en 2018

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Une déclaration volontaire de différents membres de la filière porc européenne a été signée le 16 décembre afin de faire disparaître la castration chirurgicale au 1er janvier 2018.

L’année 2018 devrait signer l’arrêt de mort de la castration chirurgicale chez les porcs. En effet, une déclaration européenne volontaire a été signée, le 16 décembre, « par des représentants des fermiers européens, de l’industrie de la viande, des détaillants, des scientifiques, des vétérinaires et des ONG du bien-être animal », selon le site de la Commission européenne. À partir du 1er janvier 2012, la castration chirurgicale sera pratiquée sous analgésie prolongée et/ou anesthésie. « Les produits utilisés pour cela étaient interdits auparavant », explique Michel de Thoré, chargé par la Fédération nationale porcine, Inaporc et Coop de France de suivre le dossier Bien-être animal à Bruxelles. Puis, au 1er janvier 2018, la castration chirurgicale sera totalement interdite. En Grande-Bretagne ou en Irlande, les cochons abattus sont prépubères (90 kg). La castration n’est donc pas un problème. En France, grâce à la castration, l’éleveur peut vendre son mâle plus lourd (110 kg) et l’alloter avec des femelles. Un cochon castré grandit, par contre, moins vite et demande plus d’aliments. Cependant, non castré, il présente dans 10 à 20% des cas une viande à l’odeur d’urine à la cuisson. Castration ou non, tout dépend des habitudes de consommation, selon Michel de Thoré. Effectivement en Grande-Bretagne et en Irlande, le porc est consommé essentiellement transformé à l’inverse de la France où le frais est majoritaire. Dans la viande transformée, l’odeur d’urine n’existe plus. L’odeur de la viande de verrat freine la non-castration

Répartir les coûts

Le Copa-cogeca, syndicat européen d’agriculteurs et de coopératives, a déclaré, dans un communiqué de presse du 16 décembre, signer cet accord « dans la mesure où les conditions scientifiques (méthode d’évaluation, de mesure et de détection de l’odeur de verrat) et économiques seront respectées » par tous « et mises en place à temps. » Parmi les 18 signataires, l’essentiel est d’origine allemande ou danoise. L’Inra a signé lui aussi. Pour le Copa-Cogeca, « il est essentiel que les coûts inhérents à l’abolition de la castration chirurgicale soient répartis entre tous les acteurs économiques de la chaîne alimentaire. » De son côté, Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, « déplore que certains distributeurs et certaines organisations de consommateurs clés n’aient pas souscrit avec nous à cette importante initiative. » Il relève qu’« afin de réaliser les objectifs définis dans la déclaration, il est néanmoins primordial que le secteur européen de la viande porcine sorte de la crise aiguë qu’il traverse depuis maintenant trois ans. » Une étude coûts/bénéfices de cette décision sur la filière est incluse dans l’accord. En parallèle, le 22 décembre, l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne a annoncé une version 9 du cahier des charges VPF, en cours de validation, « dans laquelle est intégré le traitement de la douleur au moment de la castration ».

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