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Environnement Une étude analyse les freins aux MAE en Bretagne

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Une étude relative aux mesures agro-environnementales (MAE) en Bretagne réalisée par l’Association régionale pour l’agriculture paysanne et rendue publique le 9 juillet, tente de comprendre quels sont les freins à l’évolution des pratiques vers un plus grand respect de l’environnement alors que la pression environnementale se fait de plus en plus forte, pour la reconquête de la qualité des eaux notamment.

L’Association régionale pour l’agriculture paysanne (Arap) a mené une étude auprès d’agriculteurs bretons, avec le soutien des quatre départements bretons et du conseil régional, pour identifier les freins à une évolution des pratiques agricoles vers un plus grand respect de l’environnement. Le premier constat de l’étude est que les agriculteurs ont l’impression d’avoir déjà beaucoup fait pour l’environnement. « La réglementation participe pour beaucoup au sentiment de certains enquêtés d’en avoir déjà fait beaucoup pour l’environnement. Pesante et complexe, elle serait un frein aux démarches volontaires », estime l’étude. « Les définitions variables des bonnes pratiques environnementales et l’absence de choix de la PAC entre la carotte (aides agro-environnentales) et le bâton (éco-conditionnalité), sont également des éléments éclairant l’attitude des agriculteurs ». « La vision qu’ont les agriculteurs de l’environnement serait certainement plus objective et positive si ce dernier n’était pas d’abord perçu comme une contrainte », commente encore l’étude.
Les MAE perçues comme contraire à l’intérêt économique
Les contractants de MAE ont une plus grande sensibilité environnementale que les autres, même si certains y sont venus pour valider leurs efforts (17% n’ont pas changé leurs pratiques).
En général, les agriculteurs ne veulent pas s’engager vers des changements sans itinéraire technique validé et ayant prouvé leur efficacité. Ils refusent une mise en cause drastique de leurs méthodes. Selon l’étude, « pour intéresser les agriculteurs à une orientation plus durable de leurs systèmes de production, avec des effets de long terme sur la qualité de l’eau, une approche économique est incontournable ». Le rendement est pour eux le premier facteur de résultat économique et 37% des non contractants considèrent les MAE comme contraires à leur intérêt économique. D’autre part, les MAE ne sont pas suffisamment incitatives notamment parce que la subvention ne prend pas en compte les coûts de transaction (en l’occurrence temps passé en recherche d’information, de service, de contrôles…). Les contractants de MAE sont plutôt des exploitants en vitesse de croisière car en cas de reprise ou d’agrandissement le manque de temps libre est pénalisant.
Des plans de fumure externalisés pour un tiers des sondés
Dans le choix des MAE, les agriculteurs sont plus favorables à réduire l’usage des produits phytosanitaires que celui de l’azote. Cela tient à plusieurs raisons : les risques pour la santé sont plus importants avec les pesticides, les mesures des pesticides présentent l’avantage de donner accès à l’indice de fréquence de traitement (IFT) qui permet aux agriculteurs de comparer leurs pratiques à celles des autres. D’autre part, les contraintes de l’élevage poussent aux fumures azotées.
L’étude remarque qu’un autre obstacle à une évolution des pratiques tient à une approche du métier qui se fait plus par filière que par territoire. Avec l’agrandissement des exploitations, beaucoup d’agriculteurs travaillent en « filière » et délèguent les tâches en lien avec le territoire et la gestion agronomique de leur exploitation : 32% des enquêtés font réaliser leur plan de fumure par des organismes extérieurs. Cette situation pousse à considérer le territoire comme un obstacle à la production, particulièrement en élevage. L’exploitation n’est plus perçue dans sa globalité, ce qui rend plus difficile un engagement en MAE.

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