Une étude de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) qui s’est terminée en 2002 sur le Gaucho, a été remise le 24 février au ministère de l'Agriculture.
Deux groupes de huit colonies d'abeillles avaient été nourries pendant l'été 2000 avec du sirop de saccharose contenant de l'imidaclopride à des concentrations de 0,5 et 5 microgrammes par kilogramme, sur une durée de 34 jours. Les colonies ont été suivies jusqu'au printemps suivant en même temps que d'autres colonies témoins. La mortalité a été d’un niveau comparable dans tous les groupes de colonies. En revanche, leur comportement a été modifié significativement. «Les abeilles qui consommaient de l’imidaclopride étaient plus excitées, notamment les butineuses» précise Michel Aubert, directeur de l’unité de recherche. Après la période d'expérimentation, l'activité est «redevenue identique» dans les deux groupes. Pour le chercheur, les différentes études faites sur ce sujet ne se contredisent pas nécessairement, parce que le problème est complexe. Pour lui, «il y a un réel problème de mortalité d’abeilles en France. Mais limiter la cause principale à un ou deux pesticides, ce n’est pas honnête. En revanche, la France est l’un des plus gros consommateurs mondiaux de pesticides par hectare et il est évident que les pesticides sont en cause dans la mortalité des abeilles». Ce dernier précise que les régions de grandes cultures sont particulièrement touchées par ce phénomène. Et la France n’est pas le seul pays concerné. En revanche, il est persuadé qu’il y a en France, des abeilles qui meurent de faim. «L’apiculture, c’est un élevage, cela n’a rien de naturel» précise-t-il.
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