« On ne peut laisser les seules forces du marché régler le problème de la faim dans le monde » : Ce propos de Jocelyne Hacquemand, rapporteur d’une étude du Conseil économique et social sur la faim dans le monde, exprime bien le message contenu dans ce travail. Avec Luc Guyau, président de l’APCA et vice-président du CES, cette membre du groupe CGT présentait ce travail le 20 mai. Elle estime, avec la commission qui a élaboré ce document, que les politiques publiques doivent avoir le rôle le plus important pour remédier à la crise alimentaire actuelle.
Un plaidoyer pour les politiques publiques : tel est le principal aspect de l’étude que vient de présenter le Conseil économique et social sur le réglement du problème de la faim dans le monde. Un travail dont Jocelyne Hacquemand, membre CGT du conseil, a été la cheville ouvrière. Avec Luc Guyau, elle en présentait les grandes lignes le 20 mai en estimant qu’on « ne peut laisser les seules forces du marché régler le problème de la faim dans le monde ». C’est ce qu’elle appelle la « singularité agricole ». Des politiques publiques doivent orienter la production, développer la recherche, contribuer à construire des marchés agricoles et négocier des coopérations internationales. Sur le plan international, des réserves stratégiques doivent être mises en place. La politique agricole, selon l’étude du CES, ne peut pas être conduite indépendamment d’une politique de développement des populations en général.
« Ìmposerles plus hauts revenus »
Se pose alors la question du financement : selon le CES, il faut procéder à l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, pouvoir mettre en œuvre un plan de financement mondial mais aussi « imposer les plus hauts revenus et les sociétés ». Les auteurs de l’étude ne précisent pas la nature de cette imposition mais Luc Guyau évoquait à titre d’exemple, la récente décision française, sous la houlette de Jacques Chirac alors président, de taxer les billets d’avion.
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Quant au modèle agricole à promouvoir dans les pays en développement, il s’agit du modèle familial. A ce titre, un avis plutôt négatif est donné sur les OGM, non pour des raisons de risque sanitaire mais parce qu’ils « induisent un type d’agriculture industrielles qui nuit aux petits paysans et les marginalise. Les paysans y perdent notamment leur indépendance acquise par la production de leurs propres semences. »