Abonné

En direct de Bruxelles Une « évolution », pas une révolution

- - 2 min

Dacian Ciolos n’est pas un fanatique. Ni de la régulation du marché, ni du libéralisme. L’ancien – mais encore très jeune – ministre roumain préfère le compromis aux provocations. Il se démarquera sur ce point de celle qui sera son prédécesseur, Mariann Fischer Boel, si le Parlement européen le confirme comme commissaire à l’agriculture et au développement rural et donne sa bénédiction à l’ensemble du nouveau collège européen. L’une de ses principales missions sera alors l’« ajustement », l’« évolution » de la Pac après 2013, mots qu’il préfère à celui de « réforme ». Cette prudence verbale est sans doute prémonitoire : le prochain grand chantier agricole de l’UE ne devrait finalement pas être la foire d’empoigne, la révolution, que certains redoutent et que d’autres souhaitent. Le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire, parle, lui, d’une « rénovation » de la Pac, et veut organiser, pour ce faire, un mouvement dont, bien entendu, il prendrait la tête. Certes, les aides communautaires devront être mieux réparties entre l’ouest et l’est de l’Union, et de façon générale rendues plus équitables, moins « historiques ». Certes, les « biens publics » – environnement, sécurité alimentaire – que procurent les producteurs à l’ensemble de la société devront être mieux pris en compte. Mais, pour autant, le bébé ne sera pas jeté avec l’eau du bain. D’ailleurs, les trois prochaines présidences de l’UE – Espagne, Belgique, Hongrie – ont l’intention de préparer le terrain en militant pour un « renforcement » des deux piliers de la Pac. Restera toutefois à assurer une enveloppe financière suffisante, à éviter en tout cas une réduction de celle existante. Et cela, c’est le travail des chefs d’Etat et de gouvernement.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

deuxième pilier
Suivi
Suivre