À l'occasion de la campagne pour élire ses 25 000 délégués du 12 au 27 janvier 2015, la Mutualité sociale agricole (MSA) a présenté une exposition intitulée « Campagnes en mouvement ». Ce fut l'occasion aussi pour le président sortant de la MSA de revenir sur les sujets qui lui tiennent à cœur comme le financement de la protection sociale.
DEPUIS 1949, les adhérents de la MSA élisent leurs délégués. L'exposition « Campagnes en mouvement » retrace ces 65 ans d'histoire. Visible à Paris au Conseil économique et social (CESE) du 8 au 12 septembre puis dans différentes villes de France, elle est un prétexte pour impulser une dynamique à ces élections, inciter les candidats à se présenter et les adhérents à voter. À savoir que chaque adhérent peut être élu délégué. Au total, 25 000 délégués devront être élus, dont le futur président de la MSA. En effet, l'actuel président, le Breton Gérard Pelhâte, ne se représentera pas au niveau national mais participera tout de même aux élections cantonales. « Le monde mutualiste existe depuis longtemps, l'engagement des délégués depuis 1949 a porté ses fruits. Désormais il faut maintenir les droits des adhérents, faire en sorte qu'ils correspondent et s'adaptent aux besoins des gens », commente-t-il. Il prend en exemple la dernière avancée sociale de 2014 : l'arrivée des indemnités journalières pour les maladies et les accidents de la vie privée des agriculteurs et de leurs familles.
Même si les droits acquis au fil des années sont satisfaisants, il reste tout de même des chantiers à poursuivre. Notamment sur l'incapacité maladie des exploitants. « Nous attendons un alignement sur le régime des indépendants (RSI) », affirme Gérard Pelhâte. Jusqu'à présent, quand les personnes sortent du régime des indemnités journalières (IJ), « elles voient leur soutien financier pour incapacité diminuer de moitié alors que l'équité voudrait qu'il soit aligné sur les IJ ». Pour l'instant le gouvernement n'a encore rien dit sur le sujet.
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Autre chantier cher à Gérard Pelhâte : le financement de la protection sociale. « Un positionnement de ma part depuis dix ans », fait-il savoir. Au 1er janvier les cotisations allocations familiales vont baisser de 3 % pour les exploitants agricoles comme pour les employeurs de main d'œuvre. « Une avancée » pour Gérard Pelhate qui pense que la maladie ou les allocations familiales sont universelles et doivent être financées par des prélèvements plus collectifs. « Les droits contributifs comme la retraite et les accidents du travail pourraient être payés par le revenu des exploitants ou des salariés. Quant aux droits plus généraux comme les allocations familiales ou l'assurance maladie, ils pourraient être financés sur d'autres ressources comme la TVA, les impôts, la CSG... », développe-t-il. Et d'ajouter : « C'est comme ça qu'on aura un peu de compétitivité ! » Désormais se sera à son successeur de se pencher sur ces questions de financement.