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Céréales Une fin de campagne « calamiteuse » selon l’Onic

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Il faut s’attendre à trois millions de tonnes de céréales à l’intervention en France, selon l’Office des céréales. Un bilan particulièrement lourd, d’autant que les prévisions de récolte de céréales d’hiver 2005 s’annoncent élevées. La filière céréalière s’inquiète d’une perte de marché éventuelle en maïs suite à la demande du Portugal et de l’Espagne de transfert de céréales d’intervention provenant des pays d’Europe central, notamment la Hongrie.

La fin de campagne céréalière 2004/2005 est jugée « calamiteuse » par l’office des céréales, avec des prix à la production régulièrement en baisse depuis fin octobre 2004, pour se situer en moyenne à 90,1 euros/tonne. Quant au soutien à l’exportation, les volumes adjugés de blé n’ont été que de 750 000 t en un moins. « La Commission reste murée dans ses certitudes », a commenté Christian Lapointe, président de l’Onic. L’Onic a dû réviser à la baisse les exportations de blé tendre français vers les pays tiers à 6,7 millions de tonnes. Le stock final devrait s’élever à 4,9 millions de tonnes dont la moitié de stock public. Pour le maïs, le stock final devrait aussi être très lourd, avec 2,8 Mt, malgré des ventes en Espagne et aux Pays-Bas conséquentes. « Globalement, nous aurons 3 Mt de céréales à l’intervention en France, dont 2,6 Mt de blé », a expliqué Daniel Perrin, directeur général de l’Onic. Au niveau européen, ce sont 13 millions de tonnes qui devraient se retrouver à l’intervention, dont 60 % de blé.

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Le Portugal et l’Espagne demandent des transferts de céréales d’Europe centrale

Par ailleurs, la filière céréalière est inquiète de la demande du Portugal, en raison de la sécheresse, de débloquer 400 000 t de céréales d’intervention qui proviendrait principalement de la Hongrie, « alors qu’il y a des disponibilités très élevées juste à côté, en France, sur le marché libre, à des prix tout à fait abordables », souligne Christian Lapointe. Le marché risque donc d’être déstabilisé. Le gouvernement portugais a en effet, exprimé une demande de transfert de céréales de 400 000 tonnes d’intervention (et non plus 500 000 tonnes) afin de faire face au manque de fourrages dû à la sécheresse qui sévit depuis plusieurs mois. La Commission européenne pourrait ouvrir une première adjudication fin mai en vue de la vente au Portugal, à partir des stocks publics des pays d’Europe central, d’un volume de 120 000 tonnes de céréales, dont 80 000 t de maïs et de blé et 40 000 t d’orge. Les Espagnols, qui connaissent de graves problèmes climatiques, pourraient eux aussi réclamer la remise en vente de stocks publics de céréales.