Le Crédit agricole a annoncé le 18 février la création d’une fondation pour accompagner le développement des institutions de microfinance (IMF) dans les pays en développement, notamment en Afrique et en agriculture.
La banque verte créera prochainement une fondation de soutien à la microfinance, en partenariat avec la Grameen Bank, fondée par le prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus. Le Crédit agricole dotera cette fondation d’un capital de 50 millions d’euros. Puis il est prévu, en régime de croisière de la fondation, de lever 100 millions d’euros supplémentaires.
La fondation agira en faveur des IMF par des lignes de crédit à moyen ou long terme, par des garanties d’emprunt, par le renforcement des fonds propres des IMF, par des participations à leur capital et par la mise à disposition d’une plate-forme de conseil et d’assistance technique. « La garantie assure la solvabilité des IMF. Elle leur permet d’accéder au refinancement par les banques locales, car sinon elles n’ont pas la surface financière suffisante », a expliqué Georges Pauget, directeur général du Crédit agricole. Le Crédit agricole « n’a pas vocation à faire des dons ou des subventions », mais à aider les IMF « dans leur accès au capital », a souligné Georges Pauget. « La fondation a surtout un effet de levier », a résumé René Carron, président du Crédit agricole. « La Grameen Bank n’a pas besoin d’argent, mais cette garantie aura un effet de levier en donnant aux banques locales une plus grande capacité d’emprunt », a renchéri Muhammad Yunus. Ce dernier a reçu le prix Nobel de la Paix en 2006 pour ses actions en faveur de la microfinance. Il est ainsi surnommé le « banquier des pauvres ».
Besoin de microfinance en agriculture
Cette fondation, qui devrait être baptisée « Grameen Crédit agricole » après la première réunion de son conseil d’administration, sera animée par une équipe de 15 personnes, pour l’instant à la charge du Crédit agricole. Grameen Crédit agricole sera localisée au Luxembourg, la réglementation française ne prévoyant pas l’activité de telles fondations.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le terrain d’activité favori pour la fondation sera la microfinance en agriculture et plutôt en Afrique. L’agriculture est en effet le domaine d’expertise de la banque française. En outre, la microfinance est trop peu développée en milieu rural. Elle concerne à 70% des urbains. D’où l’intérêt de remédier à cette carence, d’autant plus que la pauvreté dans les pays en développement a principalement sa cause dans l’insuffisance du développement agricole et alimentaire.
Les régions du monde couvertes par Grameen Crédit agricole seront « plutôt l’Afrique que l’Amérique du Sud, déjà desservie par les institutions bancaires nord-américaines, et plutôt l’Asie que l’Europe de l’Est, où la micro-finance commence à ressembler à du crédit bancaire », a précisé Jean-Luc Perron, responsable du projet « microfinance à Crédit agricole SA. « Il reste beaucoup de choses à faire en Inde et en Chine », a-t-il ajouté.
« Grameen » signifie « village » en bangladais, a relevé René Carron, pour montrer la proximité avec le groupe français, qui a commencé par être la banque des agriculteurs.