À l’issue de l’assemblée générale des Grands Moulins de Strasbourg, qui s’est tenue le 30 juin, Bertrand Leary, p.-d.g. de l’établissement, a indiqué qu’une holding sera constituée prochainement, « pour renforcer les fonds propres » de l’entreprise. Une affirmation qui ne convainc pas le groupe Soufflet, actionnaire minoritaire du meunier alsacien.
Après plusieurs mois de bataille d’actionnaires au sein des Grands Moulins de Strasbourg, et après une assemblée générale houleuse le 30 juin, une holding sera constituée. « L’entreprise a besoin de fonds propres », a indiqué son p.-d.g. D’une part pour poursuivre son développement, mais surtout « parce qu’elle s’est endettée ces dernières années », par l’achat de deux moulins, dont un dans le sud-ouest de la France, et du fait de la hausse des prix des matières premières.
Pas de succession en vue
Cette holding, intitulée La Financière de meunerie (LFM), devrait avoir un capital de 37 à 38 millions d’euros, dont 18 seront apportés par la Métro Trading, filiale belge détenue par Imad Bakri, homme d’affaire libano-belge ayant commencé sa carrière comme vendeur d’armes en Angola, selon un rapport de l’ONU. L’autre apport, un peu supérieur à 18 millions d’euros, sera fourni par Bertrand Leary, pour qu’il demeure majoritaire. « Je n’ai pas du tout l’intention de vendre quelque part que ce soit. Si je voulais vendre, je ne constituerais pas une holding. J’ai 73 ans et si je le voulais, je pourrais me consacrer à autre chose », a-t-il indiqué. « Je n’ai pas d’enfants à qui céder l’établissement », a-t-il précisé.
Le groupe Soufflet, numéro un du négoce des grains et deuxième meunier français, qui détient environ le quart des GMS, n’est pas convaincu par l’explication de Bertrand Leary sur la finalité de cette holding. Il maintient qu’une lecture attentive du protocole d’accord entre la Métro Trading et Bertrand Leary montre que, dans une phase ultérieure, il est prévu que la holding prendra le contrôle total des Grands Moulins de Strasbourg.
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Le désaccord est complet sur ce point entre le patron des moulins alsaciens et celui du groupe Soufflet.
Quant à la crédibilité d’Imad Bakri, évoquée dernièrement dans la presse quotidienne (Le Parisien notamment), le patron de l’établissement soutient qu’elle n’est pas en cause : « C’est avant tout un partenaire commercial, devenu un partenaire financier. C’est très classique ». Les Grands Moulins de Strasbourg lui vendent 70 000 tonnes de farine par an, principalement pour distribution en Angola, où Imad Bakri détient des boulangeries.