Après la folie de l’été et l’automne 2006, les prix des céréales redeviennent plus raisonnables, alors que les prévisions de récolte mondiales annoncent une année moyenne.
Le marché céréalier se révèle très calme en ce début d’année 2007. Bruxelles poursuit sa politique d’octroi de certificats de droit commun avec « tiret » depuis octobre dernier, qui limite la validité des certificats à 60 jours et ne garantit pas les exportateurs contre l’application éventuelle d’une taxe à l’exportation. Les affaires commerciales restent peu nombreuses. On assiste à une lente et régulière dégradation des prix depuis le début décembre 2006, passant de 137 euros/tonne à 130 euros/tonne en rendu Rouen. Les cours du blé à Chicago chutent de façon plus spectaculaire. Il a perdu 20 $/tonne en une semaine début janvier. « Le prix du blé américain baisse plus vite qu’en Europe, ce qui risque de pénaliser le blé français à l’exportation étant donné la faiblesse du dollar », met en garde Bruno Hot, directeur général de l’OniGC, à l’issue de la réunion mensuelle de la commission céréales. Pour autant, ce dernier se montre assez confiant pour la fin de la campagne de commercialisation 2006/2007. 2,36 millions de tonnes de blé ont été embarquées depuis le début de la campagne, soit le même volume que l’an passé. C’est pourquoi l’office maintient ses prévisions d’exportation vers les pays tiers à 6,3 millions de tonnes pour 2006/2007. « Nos marchés traditionnels fonctionnent bien, tant vers le Maghreb que vers le reste de l’Afrique, commente-t-il. De plus, comme nos compétiteurs voient leurs stocks baisser, les clients se tourneront forcément vers l’Europe ».
Prévision de récolte mondiale moyenne pour 2007
Selon lui, si le CIC revoit à la baisse la production mondiale dans deux ou trois mois, et étant donné que les stocks tampons sont très faibles, on pourrait alors observer une nouvelle hausse des prix. Mais ce scénario n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. Les prix sont revenus à des niveaux moins élevés qu’à l’automne 2006 en raison des dernières estimations du CIC qui a prévu la prochaine récolte de céréales à 615 millions de tonnes. C’est un retour à un niveau de récolte un peu plus normal que les années passées.« Mais il est peu probable que l’on revienne à des prix aussi bas que la campagne précédente », rassure Bruno Hot.
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Réflexion sur la stratégie commerciale
On constate un réveil des acheteurs en ce début janvier. L’Egypte, en particulier, vient de s’approvisionner en blé américain, russe et kazakh pour 370 000 tonnes. Cet achat remet en questions les opérateurs français. En effet, pour une fois, une société privée égyptienne vient d’acheter ce blé non pas en prix Fob (hors fret), mais en prix Caf (intégrant le fret). En clair, elle a acheté du blé que des opérateurs avaient déjà stocké dans des ports égyptiens avant même qu’il ne soit vendu. Ils avaient pris le risque d’avoir des frais logistiques et ces risques se sont montrés payants. Actuellement, les opérateurs français privés ne sont pas du tout dans cette logique. Mais ils se demandent si, eux aussi, ne devraient pas investir dans des silos de stockage dans les ports égyptiens, au plus près des clients, pour vendre leur blé, comme le font les Américains et les autres.