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Trois question à François Gilles Le Theule, directeur de l’AGPM-Maiz’europe « Une loi sur la coexistence n’est pas utile »

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Alors que la publication d’un avant-projet de loi sur les OGM est imminente, le directeur de l’Association générale des producteurs de maïs met en garde contre une réglementation mal adaptée, qui reviendrait à rendre impossible la culture d’OGM. D’après lui, les règles de coexistence doivent être définies au niveau interprofessionnel.

Au vu des résultats des essais conduits depuis trois ans par l’AGPM et Arvalis, la coexistence entre cultures OGM et conventionnelles semble compliquée au sein d’une même zone. Faut-il alors dédier des zones aux OGM?

Tous les scénarios sont envisageables. Notre étude a montré que la coexistence est possible en utilisant les mêmes outils de semis, récolte, transport, séchage et transformation, moyennant certaines précautions. A partir de là, ce sera aux professionnels des filières de décider ce qu’ils souhaitent faire en fonction des infrastructures dont ils disposent. On peut envisager de dédier des outils aux OGM, voire de dédier des zones entières ou au contraire d’utiliser les outils communs. En tous cas, tout cela doit se décider au niveau interprofessionnel. Nous sommes opposés à un découpage administratif entre zones avec et sans OGM.

Le gouvernement envisage prochainement de légiférer en matière de coexistence entre cultures OGM et non-OGM. Qu’en pensez-vous?

Je pense qu’une loi sur la coexistence n’est pas utile. De plus, elle risque d’être déconnectée de la réalité puisqu’une réglementation figée ne pourra jamais prendre en compte la multiplicité des cas. Légiférer ne pourra qu’entraîner des blocages et c’est bien pour cela que les anti-coexistence sont favorables à une intervention réglementaire.

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Tout de même. Imaginez qu’une filière bio veuille se maintenir dans une région majoritairement cultivée en OGM. Il faut bien qu’un cadre réglementaire la protège

Tout cela peut se régler au niveau interprofessionnel. En maïs, la gestion des filières n’est pas nouvelle, loin s’en faut. Nous gérons des filières depuis longtemps. Citons par exemple le maïs semence et le maïs Waxy. Cela fonctionne très bien et cela pourra fonctionner demain aussi. La réglementation nous fixe des seuils à respecter. Qu’elle ne nous impose pas les moyens d’y parvenir. Nous saurons les mettre en œuvre en tenant compte des réalités agronomiques et économiques locales.