Abonné

Ministère de l'Agriculture Une mission pour élaborer une stratégie nationale de chimie du végétal

- - 4 min

Une mission sera mise en place pour élaborer une stratégie nationale sur la chimie du végétal, a annoncé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll dans une vidéo retransmise au congrès du biosourcé, le 9 avril à Lille. Le ministre compte se mettre à l'écoute de cette filière innovante, qui dispose de nombreux brevets au début de leurs développements.

Mission est confiée au Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) d'étudier la problématique de la filière des produits biosourcés. Le ministre de l'Agriculture l'a annoncé au Plant-Based Summit (PBS), le congrès des produits bio-sourcés, qui s'est tenu les 8 et 9 avril à Lille. Le ministère de l'Agriculture pilotera l'élaboration de cette stratégie en sollicitant les ministères de la Recherche, de l'Écologie, de l'Économie et du Logement. Stéphane Le Foll a insisté sur les apports de la chimie du végétal non seulement à l'économie mais aussi à l'environnement, en rappelant le parallèle avec l'agroécologie. Il a souligné également le lien particulier de cette filière de la chimie du végétal avec l'innovation, et a rappelé à ce propos qu'elle a en portefeuille de nombreux brevets qui en sont au début de leurs développements. « Nous sommes prêts à vous écouter sur toutes les solutions pour développer ces filières », a-t-il conclu.

Débouchés des céréales : Roquette démarre une nouvelle usine d'isosorbide

Comme illustration, parmi d'autres témoignages, de l'émergence d'une chimie basée sur des matières premières renouvelables, l'amidonnier Roquette a annoncé le démarrage d'une nouvelle usine de 20 000 tonnes d'isosorbide, un dérivé de l'amidon de blé ou de maïs. Cette molécule entre dans la composition de nombreux produits courants, a indiqué Franck Thumerel, chargé du développement commercial chez Roquette. « C'est la seule usine d'isosorbide au monde ayant cette taille. Les autres ne sont en fait que des pilotes », a ajouté Christophe Rupp-Dahlem, directeur de l'innovation chez Roquette et également président de l'Association pour la chimie du végétal (ACDV) qui a organisé le congrès. L'isosorbide est une molécule qui n'a pas de concurrence fossile. Il est produit à partir du sorbitol, molécule obtenue par hydrogénation du glucose, qui est lui-même issu de l'hydrolyse de l'amidon (cf repère).

La première usine, mais pas la dernière

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

biosourcé
Suivi
Suivre
ministère de l'Agriculture
Suivi
Suivre

Cette nouvelle usine, située sur le site principal de Roquette, à Lestrem (Nord-Pas-de-Calais), est en rodage depuis le début de l'année. Elle a produit ses premiers lots en mars, a précisé Franck Thumerel. Elle vient accroître significativement les capacités de production de l'amidonnier en isosorbide : ces 20 000 tonnes viennent s'ajouter aux 5 000 tonnes que le groupe produit déjà chaque année.

L'isosorbide entre dans la composition de récipients transparents comme du verre et difficilement cassables, tels les biberons, les lunettes, les fenêtres de machines à laver, dans des jeux de construction pour enfants, des revêtements de sols pour écoles, crèches ou hôpitaux. Pour l'heure, concernant la filière naissante de l'isosorbide, Roquette se borne à produire cette molécule, sans se charger de la seconde transformation, en plastiques et autres matériaux. Mais « on peut très bien regarder plus en aval dans un proche avenir », a évoqué Franck Thumerel.

En tout cas, Roquette est prêt à dupliquer le type d'usine d'isosorbide de Lestrem aux États-Unis et en Chine. « Le mieux est toujours de se trouver près de nos clients, et nous en aurons de plus en plus », a commenté Franck Thumerel. Cela n'empêcherait pas l'amidonnier de construire une autre usine en France « si le marché le demande ».

Repère : de la céréale à l'isosorbide

Les fractions des céréales sont séparées puis valorisées dans de nombreux secteurs applicatifs (alimentaires et industriels). Après extraction de la fraction amidon, celui-ci est en partie valorisé tel que (natif ou modifié) et en partie hydrolysé (sirops de glucose par exemple) puis il peut être hydrogéné (en polyols ou sorbitol par exemple). Une fraction du sorbitol est alors transformé en isosorbide.