Sénalia a expliqué, en assemblée générale le 10 janvier, avoir perdu des parts de marché en blé. Le groupe coopératif a justifié sa « sévérité » qualitative, face à une récolte 2012 hétérogène. L'actuelle campagne se présente mieux, avec de « très bons » chiffres pour l'export de céréales.
SÉNALIA, qui exploite les terminaux céréaliers et agro-industriels du port de Rouen, affiche une baisse d'activité de 4 % en exportation de céréales sur 2012-2013, à 3,3 Mt. Selon les chiffres présentés en assemblée générale le 10 janvier, le groupe coopératif recule en blé, passant à 2,25 Mt contre 2,58 Mt lors de la campagne précédente. « On a perdu des parts de marché mais gagné en crédibilité », a expliqué le directeur général Laurent Martel, en justifiant le choix d'une « sévérité » sur la qualité. Face à l'hétérogénéité de la récolte, Sénalia avait « serré la vis » sur le critère de Hagberg à l'entrée des silos. « Sans cette décision difficile, nous aurions pu être paralysés dans notre fonctionnement, car dans l'impossibilité d'exporter les qualités requises, a souligné le président Jean-Jacques Vorimore. C'était un risque important de dégrader l'image des blés français. » Une meilleure performance est enregistrée en orge de mouture. Ses volumes font plus que doubler, à 741 000 t, essentiellement vers l'Arabie Saoudite.
Vigilance sur la qualité des blésUn débat a souligné l'importance de la qualité des blés. Car la concurrence est rude sur les marchés internationaux. « Le Maroc diversifie ses achats, a expliqué Chakib Alj, président de l'interprofession marocaine des céréales (Fiac). Tout se joue en fonction du rapport qualité prix. » Jean-Pierre Langlois-Berthelot, président de France Export Céréales, a mis en avant l'amélioration des offres concurrentes : « Il faut être vigilant sur la teneur en protéines. Notre qualité moyenne tend à baisser. » D'où l'intérêt du récent accord interprofessionnel pour l'amélioration du taux de protéines dans le blé tendre français. Concernant sa mise en œuvre, Jean-Jacques Vorimore a lancé un appel aux pouvoirs publics sur la « nécessité de ne pas infliger aux agriculteurs des contraintes abusives sur les techniques de production et les apports d'intrants ».
L'intérêt de diversifier l'activitéSénalia a par ailleurs fait le point sur la campagne 2013/14. De « très bons » chiffres ont été mis en avant. Les chargements à fin décembre représentent 1,83 Mt de céréales, soit une hausse de 23 %. Ils progressent à la fois en blé (+20 %) et en orge (+50 %). Une reprise est notée en oléagineux, avec un bateau de 32 000 t pour le Mexique. Sénalia vise une activité céréalière d'environ 4 Mt sur l'ensemble de la campagne. Les perspectives sont également favorables dans les autres activités (trituration, sucre, bioéthanol, cacao, engrais), qui pèsent la moitié du chiffre d'affaires.
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Jean-Jacques Vorimore a confirmé l'objectif d'« un équilibre d'environ 50 % métier de base, 50 % de diversification », laquelle présente l'intérêt d'être « plus stable ou avec des irrégularités décalées, différentes par rapport à celles de l'export en céréales ». Sénalia a notamment racheté en novembre dernier 25 % du terminal sucrier du Boulou (Pyrénées-Orientales). Connecté via le réseau ferroviaire aux industriels français, le site assure l'approvisionnement par camions des principaux groupes agroalimentaires espagnols. « Nous consolidons notre positionnement sur le marché de l'export du sucre, amené à se développer dans les années post quotas », a souligné le DG Laurent Martel.
Développement du transport alternatifUne autre orientation stratégique concerne les transports. Sénalia favorise les modes alternatifs. Les apports par la voie fluviale continuent de se développer, à 15 % des tonnages. Les transports par le ferroviaire se stabilisent à 10 %. Ils restent faibles, mais contribuent à la compétitivité, en baissant les coûts d'approche, réduisent l'empreinte carbone. Sénalia est pour cette raison très impliquée dans le dossier du Canal Seine-Nord Europe. Un projet relancé par l'engagement financier de l'UE, dont la participation peut aller jusqu'à 40 %. Ouverture prévue en 2022.