Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Stéphane Le Foll a présenté le 7 octobre la nouvelle politique publique de l'alimentation, axée sur l'affirmation du modèle alimentaire français. L'accent est mis sur la diversité alimentaire et sur l'approvisionnement local de qualité, éléments qui favorisent les débouchés du modèle agroalimentaire français.
LA nouvelle politique publique de l'alimentation présentée par Stéphane Le Foll est axée sur l'affirmation du modèle alimentaire français, empreint d'objectifs de santé, d'emploi local et de justice sociale.
Ce programme comporte quatre axes. Le premier, « la justice sociale », prévoit des projets tels que des ateliers culinaires, des potagers collectifs, des chantiers d'insertion sur les marchés d'intérêt national et la promotion du modèle alimentaire français comme facteur essentiel de lien social, autour de repas structurés.
Le deuxième axe, « l'éducation alimentaire de la jeunesse », vise à transmettre les savoirs culinaires et les métiers de l'alimentation, à développer les fermes ouvertes aux élèves, et à promouvoir « un comportement alimentaire équilibré ».
Le troisième consiste en la lutte contre le gaspillage alimentaire par des aliments de meilleure qualité. « La logique du prix bas entraîne une dépréciation de la qualité, qui pousse au gaspillage », a commenté le ministre de l'Agriculture.
Marchés publics : insister sur les critères qualitatifs
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Enfin, quatrième axe, l'ancrage territorial de l'alimentation. Il s'agit de promouvoir les produits de proximité dans la restauration collective, en mettant en avant leurs avantages de prix et aussi de qualité et diversité, en insistant plus sur ces deux piliers de la nouvelle politique de l'alimentation. À ce propos des marchés publics, les règles sont ainsi faites que le prix est certes un paramètre incontournable. De même, une collectivité de restauration collective (cantine scolaire, d'hôpital, de prison) serait en contravention avec la réglementation européenne si elle s'approvisionnait systématiquement auprès d'un fournisseur local sans respecter les critères de prix et de qualité. Cependant, « le prix n'est pas le seul critère des achats des collectivités. Les cahiers des charges permettent d'introduire des critères de bilan carbone, de fraîcheur, de qualité nutritionnelle », a souligné Patrick Dehaumont, le directeur de la DGAL, direction générale de l'alimentation du ministère. Un guide sera publié, pour informer davantage les collectivités sur leurs marges de manœuvre pour s'approvisionner localement.
Stéphane Le Foll a insisté sur la nécessité d'élargir la palette de diversité de l'alimentation : « Nous avons eu des discussions avec le ministère de la Santé. Il en ressort que c'est quand on commence à réduire l'éventail de la variété des produits de son alimentation que l'on met sa santé en état de risque ».
Un appel à projets sera lancé prochainement, pour faire « remonter du terrain des initiatives exemplaires ». Cet appel à projets sera doté de 600 000 euros. Les résultats seront présentés au prochain Salon de l'agriculture.
Stéphane Le Foll et le ministre de l'Économie Emmanuel Macron ont prévu de rencontrer prochainement les grandes et moyennes surfaces (GMS) à propos des prix bas et de la déflation, a indiqué le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, en marge de sa présentation sur la nouvelle politique de l'alimentation. « La grande distribution offre l'accès de l'alimentation au plus grand nombre, mais elle est aussi dans une logique qui consiste à s'approvisionner au moins cher, espérant que la baisse des prix fera augmenter le chiffre d'affaires », a exposé le ministre. Mais « on ne peut plus raisonner avec l'idée que le prix bas fera acheter davantage ». En effet, a-t-il souligné, la tendance de l'économie actuellement est à la déflation : « Le consommateur n'est plus porté à consommer, il attend la future baisse des prix ». Le ministre de l'Agriculture fixera prochainement avec son collègue de l'Économie une date de rencontre avec la grande distribution, avec en ligne de mire la prochaine négociation entre fournisseurs et distributeurs sur les tarifs de 2015, qui doivent être fixés début mars. « On ne peut pas laisser partir la prochaine négociation tarifaire entre fournisseurs et distributeurs sur la poursuite de la baisse des prix », a-t-il prévenu.