Exposition aux pesticides, mépris des droits syndicaux, salaires insuffisants, journée de travail à rallonge… La liste des manquements au droit social est longue dans les plantations d’ananas et de bananes au Costa Rica et en Équateur selon Peuples solidaires – ActionAid France qui met en cause l’enseigne Lidl dans un rapport diffusé le 21 juillet.
Alors que les enseignes s’évertuent à communiquer sur leur engagement social et environnemental à travers la mise en avant de labels « commerce équitable » ou « Rainforest Alliance » par exemple, les agriculteurs qui les approvisionnent seraient soumis à des conditions de travail déplorables, selon le réseau Peuples solidaires – ActionAid France. L’organisation dénonce, dans un rapport publié le 21 juillet et intitulé Des fruits au goût amer, les entorses aux droits des salariés dans les plantations de bananes et ananas en Équateur et au Costa Rica qui fournissent l’enseigne Lidl.
S‘appuyant sur une enquête de l’ONG Oxfam Allemagne, l’organisation française explique que les producteurs sont soumis à « de grandes quantités de pesticides particulièrement nocifs […] sans mesures de protection adéquates ». Elle dénonce par ailleurs des droits syndicaux « méprisés », des salaires « insuffisants voire parfois inférieurs au minimum légal », des journées de travail pouvant durer « jusqu’à 12 heures », l’absence de versement des cotisations sociales et un travail « précaire ». Des conditions incompatibles avec les labels d’agriculture durable et de commerce équitable affichés en grandes surfaces et notamment dans les Lidl en France.
La responsabilité des chaînes de supermarchés
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En conclusion de son rapport, l’organisation française exige des chaînes de supermarchés qui se fournissent en fruits exotiques au Costa Rica et en Équateur qu’elles garantissent « des conditions de travail décentes et l’utilisation de techniques agricoles écologiques ». Par ailleurs, puisque les chaînes de supermarchés ont tendance à recourir aux « importations directes », Peuples solidaires – ActionAid France leur demande de « payer un prix juste, qui corresponde au moins au prix minimum garanti par le commerce équitable et couvre tous les coûts d’une production durable ». Elle les appelle également à s’assurer de la décence des conditions de travail chez leurs fournisseurs. Enfin, elle demande aux gouvernements équatorien et costaricain de « faire appliquer plus rigoureusement le droit du travail et de l’environnement ».
Les producteurs sont soumis à « de grandes quantités de pesticides […] sans mesures de protection adéquates »