La plateforme Calypso a été développée dans l’objectif de simplifier les tâches administratives des vétérinaires en facilitant les échanges d’information avec l’État, notamment sur la cession des médicaments antimicrobiens. Elle fait partie des outils déployés pour le maintien du maillage vétérinaire.
Le conseil national de l’Ordre des vétérinaires a annoncé, le 14 mars, le lancement de la plateforme Calypso dont l’objectif est de « simplifier les démarches administratives » des praticiens. Son déploiement s’inscrit dans la continuité de la feuille de route pour lutter contre la désertification vétérinaire engagée par le ministère de l’Agriculture en 2017. L’idée est de faciliter les échanges d’information avec l’État et de dégager du temps aux professionnels pour se concentrer sur les soins des animaux et leur mission sanitaire. La première version de Calypso permet au vétérinaire de gérer ses formations et, avancée majeure, d’assurer une « remontée automatique des données d’utilisation des médicaments contenant des antimicrobiens » grâce à la connexion entre la plateforme et le logiciel de gestion du cabinet vétérinaire. D’autres services viendront s’ajouter au fil du temps.
Un suivi plus fin de l’usage des antimicrobiens
La remontée d’informations sur l’usage des médicaments antimicrobiens permettra à la France de se conformer à une obligation européenne. Depuis 2017, en application de la loi d’orientation agricole de 2014, les pharmaciens et les vétérinaires ont l’obligation de faire remonter les cessions de médicaments contenant des antibiotiques. Un règlement européen de 2019 est venu étendre cet impératif à tous les antimicrobiens. À compter de 2023, les États membres ont l’obligation de collecter les données de vente et d’usage et de les transmettre. « Il y a une obligation de déclaration, nous mettons un service à disposition des vétérinaires pour leur faciliter la tâche », explique la directrice générale de l’alimentation (DGAL), Maud Faipoux. La transmission de ces données informatiques doit se faire sous un format défini, afin d’effectuer des comparaisons entre les pays. « Cela va permettre à la France de se situer par rapport à d’autres pays européens à la démographie d’élevage comparable », souligne le directeur de l’agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV), Franck Fourès.
Sur le plan de la lutte contre l’antibiorésistance, cette remontée du terrain viendra combler les limites de la base de données sur les ventes tenue depuis 1999 par l’ANMV : manque d’information sur les espèces bénéficiaires, les effets saisonniers, les disparités régionales… Le président de l’ordre, Jacques Guérin, met en avant les « perspectives scientifiques » offertes par l’outil, notamment vis-à-vis des données sur les détenteurs d’animaux non professionnels qui échappent à l’épidemiosurveillance.
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Des services pour les animaux d’élevages
La plateforme Calypso, accessible via un navigateur Internet, intégrera au fur et à mesure d’autres fonctionnalités. Les auxiliaires de soins vétérinaires (ASV) pourront notamment, sous la responsabilité du vétérinaire, réalisés des actes administratifs sur la plateforme. Le dispositif est cofinancé par le ministère de l’Agriculture et par le fonds pour la transformation de l’action publique (FTAP). La version finale de l’application sera disponible à l’été 2027, pour un financement global de 11,3 M€.
Pour ce qui concerne directement les animaux de rente, les éleveurs pourront à l’avenir y déposer leur demande de désignation du vétérinaire sanitaire en charge du suivi de son élevage dès cette année. Le vétérinaire pourra y consulter les données sanitaires de l’exploitation, sous réserve que l’éleveur accepte de les partager avec lui. « Ce ne seront pas des données économiques, précise Jacques Guérin. Ce sont des données relatives à la mortalité, aux naissances ». Les informations sanitaires des élevages seront centralisées par la DGAL, puis récupérées par la plateforme Calypso pour être consultées par les vétérinaires, en suivant un circuit « sécurisé », rassure Maud Faipoux. Présent à la conférence de présentation de la plateforme, le président de la Chambre d’agriculture de la Manche, Pascal Ferey, demande qu’un travail soit mené pour déterminer quels usages pourront être faits de ces données appartenant aux éleveurs.