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Pourtour méditerranéen Une production surtout tirée par l’exportation

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L’agriculture biologique se développe sur le pourtour méditerranéen mais surtout pour satisfaire la demande des marchés européens. La certification répond aux règles des importateurs, les systèmes de certification locaux étant inégalement développés. La demande locale est faible.

«En 2006, en Méditerranée, environ 5,6 millions d’hectares ont été exploités en mode biologique et sur ce total, presque 2 millions ont été concernés par la cueillette sauvage, employant ainsi à peu près 140 000 opérateurs. En l’espace de 5 ans (2001-2006), ces chiffres ont doublé », explique la lettre de veille du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) parue à l’automne 2008.

En tête, vient l’Italie, par la superficie cultivée avec plus d’un million d’hectares et par le nombre d’exploitations avec 50 000 environ. L’Espagne arrive en 2 e position avec presque un million d’ha cultivés en bio. La France, avec environ 500 000 ha, est entrée dans un période de stagnation depuis quelques années. Dans les autres pays de la Méditerranée, le poids de l’agriculture biologique est beaucoup plus faible. La Tunisie et la Turquie sont en tête dans les pays du sud et de l’est de la Méditerranée (PSEM) alors que la Serbie occupe la meilleure place dans les Balkans occidentaux, selon la lettre. Vient ensuite la Serbie mais à bonne distance.

La certification crée une concurrence entre les pays

L’agriculture bio dans les PSEM est un phénomène récent, lié à la demande des entreprises agroalimentaires étrangères, à la volonté des gouvernements de favoriser les exportations et à la coopération internationale (donateurs, ONG…).

« La plupart des produits bio importés par les marchés européens arrivent des pays tiers non équivalents à travers un système complexe d’autorisations nationales », précise le CIHEAM. La certification des produits répond aux règles des pays importateurs. L’étude note en effet que, dans certains PSEM, l’accréditation des organismes certificateurs est « un engagement plus difficile à remplir » par manque de moyens. D’autre part, « les pays tiers sont moins incités à créer un système biologique national structuré dont les organismes de contrôles seraient des composantes importantes », poursuit le Ciheam. Cela va même plus loin puisque, dans certains pays orientés vers l’exportation, une partie des experts considèrent que « les réglements nationaux peuvent être inutiles ou même encombrants ». C’est le cas de l’Egypte et du Maroc.

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Résultat : les systèmes de certification bio, plus ou moins élaborés et coûteux selon les pays, créent une concurrence entre ceux qui s’en sont dotés et ceux qui n’en ont pas ou peu, souligne l’étude.

Renforcer les capacités individuelles et institutionnelles

Sur le pourtour méditerranéen, la demande locale de produits bio peine à se développer en raison principalement des difficultés de commercialisation (contrainte majeure dans cette zone) mais également d’une capacité limitée de valoriser le produit, de l’insuffisance des infrastructures pour la consommation et la distribution, du manque d’initiatives pour informer le consommateur. La bio y est surtout tirée par l’exportation.

« Une question cruciale pour le futur de l’agriculture biologique en Méditerranée est le renforcement des capacités individuelles et institutionnelles. De nombreux pays pourraient tirer parti des programmes de formation en agriculture biologique, portant sur des aspects techniques, réglementaires et commerciaux. En outre, vu les différents niveaux de développement de ce secteur dans la région, il serait possible de mettre à profit les expériences acquises pour une collaboration fructueuse », conclut le Ciheam.