Total transformera sa raffinerie de Grandpuits, près de Provins (Seine-et-Marne), en une plateforme « zéro pétrole » de biocarburants et de bioplastiques, a annoncé le groupe pétrolier le 24 septembre.
Une raffinerie de Total en Seine-et-Marne produira dès 2024 des biocarburants, dont des biocarburants aériens, et des bioplastiques, grâce à un investissement de plus de 500 M€. Quatre nouvelles activités industrielles sont prévues sur le site : la production de biocarburants « majoritairement destinés au secteur aérien », la production de bioplastiques, le recyclage de plastiques et l’exploitation de deux centrales solaires photovoltaïques.
Compte tenu des orientations de transition énergétique retenues par la France à horizon 2040, et de plusieurs fuites sur le pipeline qui approvisionne Grandpuits en pétrole brut depuis Le Havre, Total a fait le choix d’arrêter le raffinage de pétrole et d’engager une transformation industrielle de son site, explique le groupe dans un communiqué.
La capacité de l’unité de biocarburants sera de 400 000 tonnes par an, dont 170 000 tonnes de biocarburants aériens, 120 000 tonnes de biocarburants routiers et 50 000 tonnes de bionaphta, un hydrocarbure utilisé pour produire des bioplastiques.
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Total assure qu’il privilégiera l’approvisionnement local
Total compte ainsi contribuer à la feuille de route française pour le déploiement des biocarburants aériens durables qui fixe un objectif d’incorporation de biocarburants de 2 % à horizon 2025 et de 5 % à horizon 2030. Cette usine sera alimentée « majoritairement par des graisses animales en provenance d’Europe et des huiles de cuisson usagées », qui seront complétées par des huiles végétales de type colza « à l’exception de l’huile de palme ». Total assure qu’il « privilégiera l’approvisionnement local ».
L’usine de bioplastiques produira, en co-entreprise à 50/50 avec Corbion, de l’acide polylactique (PLA) « à partir de sucres et non pas de pétrole », pour une capacité de 100 000 tonnes par an. La société mixte Total-Corbion, qui exploite déjà une usine de PLA en Thaïlande à partir de sucre de canne, « a décidé d’investir en Europe », cite le communiqué. Le marché du bioplastique est soutenu par une croissance de près de 15 % par an, répondant à une demande particulièrement forte sur le segment « des films, conditionnements rigides et dans de nombreuses applications industrielles ».
En plus de ces unités, le groupe construira une usine de recyclage des plastiques pour en faire des plastiques compatibles avec l’usage alimentaire, et une centrale photovoltaïque de 28 MWc (mégawatt-crête, puissance de pointe d’une installation solaire).