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Céréales Une récolte 2009 de plus de 37 Mt en blé tendre

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Des rendements supérieurs à l’an dernier ont permis de contrer la baisse des surfaces de céréales à paille. Au final, la récolte de l’Hexagone s’avère presque record. En blé, avec 37,5 Mt, elle dépasse les beaux tonnages de 2008. Malheureusement, cette moisson risque d’être difficile à commercialiser. Car le contexte mondial est lourd.

La baisse des surfaces de 1,6 % par rapport à 2008 n’y a rien changé : la récolte de céréales s’avère excellente. Totalisant 70,6 Mt selon la note de conjoncture publiée le 8 septembre par le service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Alimentation, elle « dépasserait son record de 2004 ». « Le volume et la qualité de la récolte sont satisfaisants », a indiqué de son côté Rémi Haquin, président du conseil spécialisé « Céréales » de FranceAgriMer, en conférence de presse à Montreuil, le 9 septembre. L’office estime la moisson de blé tendre à 37,5 Mt. En 2008, également une très bonne année, l’Hexagone avait récolté 37 Mt… Contre un peu plus de 30 Mt seulement en 2007. Le rendement moyen atteint 76,3 q/ha contre 73,2 q/ha en 2008. « 52 % des blés sont de qualité supérieure, de classe 1 ou E », a souligné par ailleurs Monique Meizels, chef du service des bases d’information économique. « La qualité de la récolte est adaptée à tous les besoins », a-t-elle précisé.

Signaux baissiers sur le marché mondial
Il n’empêche. Cette moisson abondante s’annonce difficile à écouler. A plus de 130 euros/t début juillet, le cours du blé tendre rendu Rouen ne cesse quasiment de baisser depuis le 20 juillet. Le 9 septembre, il descendait à 113 euros/t. Le marché français répond aux signaux baissiers du marché mondial. Avec une récolte évaluée fin août par le CIC (Conseil international des céréales) à 662 Mt et des stocks correspondant à presque trois mois et demi de consommation, la planète ne va pas manquer de blé. « Nous savons que le Maghreb, notre client numéro un, a fait une plus grosse récolte que l’an dernier », a par exemple souligné Rémi Haquin. Pour l’instant, le blé français a surtout réussi à trouver sa place sur le marché égyptien, qui en a d’ores et déjà acquis 870 000 tonnes.

Développer les ventes intracommunautaires
En fin de campagne, l’Egypte a resserré ses critères qualitatifs et notamment la teneur maximale en grains punaisés. « Cela se traduit par un surcoût de 10 dollars par tonne pour les blés de la mer Noire », signale Michel Ferret. Cependant, « les affaires se sont faites à prix cassés », déplore un opérateur. FranceAgriMer ne compte pas voir renouvelé l’exploit de l’an dernier, où l’Hexagone avait vendu 9,5 Mt vers les pays tiers. L’office prévoit tout de même d’écouler 8,5 Mt vers ces destinations. Il compte également sur le développement des ventes intracommunautaires, prévues à 6,9 Mt au lieu de 6,7 Mt en 2008/2009. « Il y aura une forte présence de l’Allemagne, mais un peu moins soutenue », pronostique Claire Lelièvre, déléguée filière grandes cultures chez FranceAgriMer.

Un problème de protéines au niveau mondial
L’atout qualité devra être mis en avant. Pour Michel Ferret, chef du service « Marchés et études filières » de l’office, « cette année encore, il va y avoir un problème de protéines au niveau mondial ». Les Etats-Unis et le Canada sont confrontés à une moindre disponibilité en blé en haute teneur en protéines, qu’il s’agisse de blés HRW ou SRW. Dans l’Union européenne, les blés allemands devraient également voir leur taux de protéines diminuer, à 12,3 ou 12,4 % contre 13,5 % en 2008. Reste que pour Rémi Haquin, à 11,3 %, le taux de protéine des blés français est « probablement un peu faible car l’azote était cher ». Point positif tout de même : les pays de la mer Noire ne devraient avoir que 30 Mt à exporter contre 37 Mt en 2008/2009.

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