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Fruits d’été Une récolte européenne de pêches-nectarines en recul, surtout en France

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La récolte européenne de pêches et nectarines s’annonce en recul de 1%, et plonge en France (-19%) ressort-il du forum Europêch, qui s’est tenu à Perpignan du 22 au 24 avril.

Les pêches et nectarines sont, rappelons-le, le gros segment de marché des fruits d’été. Leur tendance de marché pèse lourd dans la tendance générale de la commercialisation des fruits d’été.

-28 % par rapport à la moyenne 2002-2006

La production européenne de pêches et de nectarines, devrait être « très légèrement inférieure à celle de l’année dernière (-1 %) », a indiqué Éric Hostalnou, expert du secteur « fruits et légumes » de la chambre d’agriculture du Roussillon, le 24 avril à Europêch. Ce recul modéré au niveau européen cache une forte baisse de production en France. Les augmentations de production en Espagne et en Grèce ont en fait tempéré la chute de 19 % estimée dans l’Hexagone.

La récolte française 2008 de pêches-nectarines est estimée pour le moment à 287 483 tonnes. En 2007, elle était de 356 943 tonnes.

La chute est encore plus importante si l’on compare la production 2008 estimée avec la moyenne 2002-2006. En moyenne 2002-2006, la production française de pêches-nectarines était de 398 760 tonnes. Soit un effondrement de 28%.

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« Les vagues de gel de début mars et du week-end de Pâques ont touché à des degrés divers l’Espagne, l’Italie et surtout la France », a expliqué Éric Hostalnou.

Espagne : développement maintenant ralenti

Après une décennie d’expansion, l’arboriculture espagnole semble « sinon marquer le pas, du moins ralentir son développement dans le secteur des fruits à noyaux », selon l’expert du secteur « fruits et légumes » de la chambre d’agriculture du Roussillon. Le potentiel de vente, qui s’est rapidement développé jusque là, doit maintenant «digérer» la lourdeur des procédures et des coûts qu’impliquent les grandes structures (techniciens qualité, équipements traçabilité, encadrement, bureaux de vente…). De plus, « le coût de la main d’œuvre a évolué en Espagne, même s’il reste encore très compétitif si on le compare au coût français ». Les besoins en main d’œuvre temporaire sont importants pour ces grandes exploitations qui n’ont plus rien de familial.

Enfin, la ressource en eau, se situe depuis trois ans à des niveaux « extrêmement bas». En Catalogne, les barrages sont à 20 % de leur capacité. Des coupures d’eau potable à Barcelone sont possibles s’il ne pleut pas dans les prochains mois. Dans ce contexte, l’utilisation agricole de l’eau n’est pas prioritaire. Enfin le gouvernement socialiste récemment réélu reste opposé au plan Hydrologique National proposé par le parti populaire, notamment au transfert de l’eau de l’Ebre vers Valencia, Murcia et Almeria.