Les consommateurs prennent de plus en plus en considération le prix dans leurs dépenses alimentaires, a révélé le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), dans une étude présentée aux Entretiens de Rungis le 23 septembre. Le recul des dépenses alimentaires est essentiellement dû au retour à des produits moins élaborés.
L’attention croissante aux prix est un phénomène perceptible depuis 1993 et particulièrement depuis 2000, selon le Crédoc. Ce phénomène s’est nettement accru cette année, selon Pascale Hébel, directrice du département « consommation » au Crédoc. En tête des produits « systématiquement regardés », viennent les fruits et légumes frais. Alors qu’en 2005, 68 % des Français déclaraient regarder systématiquement les prix des fruits et légumes, ils sont aujourd’hui 78 %. Pour les viandes et charcuteries, le taux est passé de 65 à 75 %. Pour les boissons de 60 à 71 %.
Parallèlement à cette tendance, les critères de labels de qualité et les marques ont chuté de 11 et 13 points respectivement entre 2007 et 2008.
Retour à des produits « simples »
Face à la hausse des prix alimentaires, les Français déclarent vouloir réduire leurs dépenses alimentaires. À la question « face à la hausse des prix, que faites-vous ? », 17% envisagent de diminuer les quantités de certains produits alimentaires. D’autres (18%) entendent supprimer le superflu (acheter moins souvent des produits alimentaires peu nécessaires). Enfin, ils sont 28% à vouloir acheter les mêmes produits, mais dans des gammes inférieures. Seuls 27% sont prêts à dépenser autant pour leur alimentation et à réaliser des économies sur d’autres postes de dépenses.
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En outre, les Français, s’ils avaient encore plus de difficultés financières, diminueraient leurs dépenses en boissons alcoolisées, en poissons et coquillages frais, en épicerie sucrée et en produits prêts à l’emploi, ajoute l’enquête.
Une moindre consommation alimentaire ne veut pas dire moindre consommation de produits agricoles : la valeur de l’alimentation est composée à 80% de services, le reste étant la valeur des denrées, a rappelé Pierre Feillet, ancien directeur général de l’Inra. C’est la sophistication qui risque de faire les frais de la moindre consommation alimentaire en valeur, selon Alain Frétellière, directeur de « Reflets de France » de l’enseigne Carrefour. « On voit revenir des soupes aux légumes, des sucres lents comme les pâtes. On voit redécoller les marchés de produits simples », a-t-il affirmé, évoquant, a contrario, la trop grande complexité de l’alimentation qui se veut thérapeuthique.