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Lait Une sortie en douceur des quotas préférable à une fin brutale

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Un atterrissage en douceur des quotas laitiers paraît préférable à un abandon brutal de ce système de contingentement de la production qui provoquerait un choc trop important dans de nombreux Etats membres. C’est ce qui ressort d’une étude sur la fin du régime des quotas programmée pour 2015 que la Commission européenne a fait réaliser dans le cadre des négociations sur le bilan de santé de la Pac.

L’impact de la sortie du système des quotas sur le secteur laitier européen a fait l’objet d’une étude réalisée par l’Institut français d’économie industrielle (IDEI) réalisée à la demande de la Commission européenne. Les scénarios pris en compte — atterrissage en douceur ou abandon brutal des quotas — mènent à une situation similaire à la fin de la période d’analyse (2015/16), constatent les experts. « En l’absence de quotas, la production collectée est supérieure de 5,1 % à celle du scénario de référence (2005/06) et le prix du lait est inférieur de 10,3 % ». Lors de la disparition des quotas en 2015, poursuivent les experts, l’accroissement de la consommation dans l’UE sera modeste car la demande de produits laitiers est faiblement élastique au prix et que la baisse des prix reste limitée variant entre 4 % et 10 % selon les produits. Ce surplus de lait sera absorbé par l’exportation, ce qui entraînera une baisse des prix mondiaux des produits laitiers.

Deux scénarios

Deux scénarios de sortie progressive des quotas ont été étudiés jusqu’à leur suppression en 2015/16. Ils consistent en une augmentation de respectivement 1 % et 2 % par an des quotas entre 2009/10 et 2014/2015. Les résultats de ces deux scénarios sont assez similaires, même si l’évolution des prix à la production est plus régulière avec une baisse annuelle de 2 %. Durant la période considérée, la production communautaire de lait augmenterait en moyenne de 0,7 % et 0,8 % en fonction scénario. Une augmentation de 1 % des quotas serait totalement utilisée durant les six campagnes considérées en Espagne en Autriche, aux Pays-Bas, en Hongrie et en Irlande. En revanche, la production chuterait au Royaume-Uni. Seuls l’Espagne, l’Autriche et et les Pays-Bas tireraient pleinement profit d’une augmentation annuelle de 2 % des quotas, tandis que le Portugal, le Royaume-Uni et la République tchèque verraient leur collecte chuter.

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Dans le cas d’une suppression brutale des quotas, l’IDEI estime qu’il faut s’attendre à un accroissement significatif de la production dans les deux années qui suivent. L’augmentation globale de la production est évaluée à environ 5 %, l’essentiel étant réalisé la première année. Les experts font valoir qu’une disparition du jour au lendemain des quotas entraînerait non seulement un choc important mais aurait des implications assez inégales entre les Etats membres. Cette option serait surtout avantageuse pour les producteurs ayant les coûts les plus faibles.

Le profil d’évolution des prix avec une sortie progressive des quotas est plus régulier que celui obtenu avec une sortie brutale ce qui permet aux producteurs et transformateurs une adaptation progressive, conclut l’IDEI.