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Une start-up française croit aux tracteurs volants

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Créée en 2014 à Bordeaux, la start-up française Reflets du monde, spécialiste des drones, veut développer toute une gamme d’outils agricoles utilisables par drone (épandeurs, semoirs, pulvérisateurs, capteurs…), à destination des coopératives ou Cuma. « Nous concevons les drones comme des tracteurs aériens, qui peuvent être munis d’outils variés », explique le co-fondateur Patrice Rosier, ingénieur aéronautique.

Sur la culture de maïs, elle propose d’ores et déjà du semis de couverts végétaux et du largage de trichogrammes. C’est d’ailleurs grâce au semis de couvert que la start-up était arrivée dans le secteur agricole il y a deux ans, missionnée par Ovalie innovation (Maïsadour/Vivadour) pour développer ce nouveau service. Grâce à ce projet, la start-up a été la première à réaliser des services d’ensemencement par drone. D’autres sociétés sont depuis sur les rangs.

La start-up souhaite désormais élargir sa gamme d’outils, notamment grâce à l’expérimentation de l’épandage de phytos par drone depuis octobre (sur fortes pentes uniquement). Un prototype de pulvé a déjà été testé cet été avec de l’eau, qui assure une largeur d’épandage de 4 à 5 mètres. D’autres sociétés sont également dans la course pour capter ce nouveau marché. La start-up développe par ailleurs d’autres services sur arboriculture.

Face à la concurrence, notamment asiatique, la start-up met en avant sa valeur ajoutée, et les barrières à l’entrée sur le marché français. « Pour ce qui est des systèmes de largage, ils ont été conçus par notre société, nous avons une certaine avance. Concernant la pulvérisation, il existe des machines asiatiques, mais qui ne sont pas homologuées, et pour lesquelles les utilisateurs n’ont pas de contact technique, ce qui est très important ».
Les machines développées en agriculture par Reflets du monde sont un «patchwork», un assemblage de pièces provenant de modèles de constructeurs établis, comme le leader chinois DJI, mais aussi d'outils développés en interne par la start-up.

Face aux craintes suscitées par la disparition d’Airinov, Reflet du monde met en avant un business model assez diversifié. Elle ne fait pas que de l’agriculture, mais travaille également avec la gendarmerie ou Enedis ; et dans le secteur agricole, elle propose plusieurs services ; elle vend la machine, de la prestation (maintenance, consommables), et de la formation. « On essaie de rendre les clients autonomes ».

La start-up bordelaise propose aussi des services plus classiques d’imagerie. « Nous préférons proposer des drones qui agissent dans les champs, c’est plus concret que des cartes, explique Patrice Rosier. Rappelons que seulement 10% des agriculteurs sont équipés d’outils de modulation ». Un projet de repérage d’« herbes toxiques » est en cours, mais l’algorithme ne serait pas développé par la start-up.

Une levée de fonds est prévue en 2020, autour de 500 000 euros. L’objectif est notamment de renforcer la trésorerie pour accélérer la croissance en répondant à des clients de taille importante. L’investisseur est d’ores et déjà identifié, il est issu du secteur de l’ingénierie.

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