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Une start-up pour orchestrer la logistique en vente directe

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L’un des gros points noirs de la vente directe et du local, c’est la logistique et les surcoûts économiques et énergétiques qu’elle engendre. C’est ce problème que veut résoudre la start-up Le Chemin des mûres, en se posant comme le futur chef d’orchestre de la logistique des producteurs en vente directe. Selon ses créateurs, la logistique engloutit « 20 à 50% du chiffre d’affaires qui sombre dans les transports, contre 10% en circuit long ». L’optimisation de ce secteur ouvre un marché donc considérable pour celui qui dénouera ce problème épineux.

Leur projet est simple : créer une plateforme où un maximum de circuits de livraison sont enregistrés ; et les optimiser grâce à un algorithme qui calcule en temps réel les livraisons les plus économiques. « Le producteur ne se charge plus de l’organisation, à nous de trouver des compatibilités en construisant des tournées pour plusieurs producteurs, avec un seul conducteur par livraison », explique Nils Olivier, l’un des fondateurs (à gauche ci-dessous). « La plateforme va gérer le dédommagement de l’agriculteur qui fait la livraison, en fonction des distances parcourues, des volumes embarqués. »

Parmi les fondateurs, deux ingénieurs de l’Inria où a été en grande partie développé l’algorithme. Le gain économique serait de 30 à 70% du coût du transport et des GES émis, mais aussi 49% de temps gagné, soit 3000 à 7000 euros par an, pour une exploitation de taille moyenne commercialisant en local.
Mais pourquoi n’existait-elle pas déjà, cette solution ? Selon eux, les outils actuels de logistique ne savent pas gérer le problème rencontré par les producteurs : « C’est une logistique très différente du circuit long, où chaque contrainte (compatibilité sanitaire des produits, remplissage, trafic…) est gérée par un intermédiaire spécialisé. En circuit court, le producteur doit gérer toutes ces contraintes »

La start-up prévoit de prélever un pourcentage (1/3) de l’économie réalisée par le producteur. «Ça permet de garantir un système gagnant-gagnant », explique Nils Olivier. Et de citer le contre-exemple de Blablacar, qui « une fois qu’il a pris le marché a augmenté ses tarifs ». Pour démarrer, la start-up veut s’appuyer d’abord sur les groupements de producteurs (Ruches, Bienvenue à la Ferme…), ce qui « va nous permettre d’atteindre un certain nombre d’utilisateurs ». Le service (une appli) doit être commercialisé à partir du 3 février.

Le développement de la solution a été réalisé en partie à l’Inria de Lille, qui accompagne Le Chemin des mûres (Startup studio Inria) et qui détient des logiciels dont la start-up exploite une licence exclusive. Côté finances, la start-up a mobilisé des réseaux d’entrepreneurs (prêts d’honneur), des aides publiques (BPI, Ademe, France Active) et des emprunts bancaires. Et elle a enchaîné avec une levée de fonds « participative ». Une levée de fonds est prévue d’ici un an et demi, notamment pour se développer à l’étranger ; à cette occasion, les associés se disent ouverts à des fonds d’investissement.

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