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Faim dans le monde Une « tempête » de facteurs aggravants

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La conjonction de sécheresses, de conflits et de hausses des prix des transports et des céréales accroît chaque année de plusieurs millions le nombre de personnes souffrant de la faim de manière chronique. de facteurs qui aggrave la situation, a déclaré un porte-parole du Programme alimentaire mondiale (Pam) pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre.

L’Onu évalue à quatre millions l’augmentation annuelle du nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. Dans le même temps, les cours des carburants ont grimpé, augmentant le coût des transports routiers et maritimes, et faisant par conséquent progresser les prix de détail des denrées.

Selon le Pam, le prix des céréales a progressé de 50 % au cours des cinq dernières années, ce qui est dû, expliquent les experts, à l’augmentation de la population mondiale, notamment dans les zones urbaines non productrices de denrées alimentaires, et aussi à une accumulation de mauvaises récoltes et à une hausse de la demande de céréales en Inde et en Chine, pays qui, naguère, se bornaient à consommer du riz. Les conflits dans certaines des régions les plus pauvres au monde ont provoqué d’importants déplacements de réfugiés et des spécialistes prévoient que les bouleversements climatiques provoqueront d’autres conflits liés aux ressources.

La région la plus touchée est l’Afrique subsaharienne, où se concentrent 21 des 36 pays du monde ayant besoin d’une aide alimentaire. Le Pam est tout particulièrement inquiet pour la Somalie, où sécheresse et conflit ont coïncidé et créé ce que d’aucuns présentent comme la pire crise humanitaire d’un pays qui en a déjà traversé d’autres.

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« 854 millions de personnes le ventre vide »

« Notre planète produit de la nourriture en quantité et en qualité suffisantes pour nourrir toute sa population, mais pourtant, ce soir, 854 millions de personnes iront dormir avec le ventre vide », a déclaré le directeur général de l’Organisation la FAO, Jacques Diouf, lors d’une cérémonie qui s’est tenue au siège de l’organisation à Rome à Rome le 16 octobre. « Le droit à l’alimentation a été formellement reconnu dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée par les Nations Unies en 1948 », a-t-il souligné. Ce droit « implique une réorientation de l’idée de charité vers le concept de droit ». « Garantir à chaque être humain une alimentation adéquate et régulière ne constitue pas seulement un impératif moral et un investissement pouvant se traduire par des gains économiques énormes : c’est l’accomplissement d’un droit humain fondamental. Le monde a les moyens pour le réaliser », a résumé M. Diouf.

(1) Voir n° 3122 du 08/10/07