L’ensemble des syndicats agricoles ont boycotté la réunion de travail du comité loup du 12 décembre au sujet du plan loup 2018-2023. En attendant, le dossier avance sans eux.
Les grandes lignes du futur plan loup 2018-2023 ont été arrêtées lors d’une réunion le 12 décembre, à Lyon, en l’absence des éleveurs qui avaient boycotté la réunion, tous syndicats confondus. « Les dernières lignes du plan ont été arrêtées », rapportait Jean-David Abel, responsable du pôle biodiversité de France Nature environnement. « Nous sommes assez proches de la finalisation, même si chacun reste campé sur sa position », avait confirmé Patrick Boffy, vice-président de l’association Férus. La philosophie de ce plan est de construire une cohabitation efficace entre éleveurs et prédateur en garantissant la viabilité du loup sur le territoire. Il vise un objectif de 500 loups sur le territoire national d’ici 2023, ce qui a fait bondir les syndicats agricoles. En effet, la Fédération nationale ovine (FNO) précise qu’avec une population estimée à 360 loups, les attaques sont en recrudescence (+10 000 attaques en 2016). Le syndicat dénonce aussi la fixation d’un plafond de prélèvement à 40 loups par an et au maximum à 12 % de l’effectif moyen annuel à partir de 2019, évoquant l’absence d’adaptabilité du système. Les indemnités seraient conditionnées à la protection effective du troupeau, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
500 loups d’ici 2023
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Par ailleurs, les tirs de prélèvement auraient lieu de septembre à décembre avec avis du préfet coordonnateur. Actuellement, les éleveurs « dès lors qu’ils remplissent les conditions requises, ont droit aux tirs de prélèvement pendant toute la durée de la campagne, dans le cadre du plafond disponible », selon la FNO. Les modalités de mise en œuvre de tirs de défense seraient modifiées avec une accessibilité uniquement aux élevages ayant subi trois attaques successives dans un délai de douze mois. Les éleveurs auraient aussi à contractualiser avec l’État au sujet des mesures de protection pour pouvoir être indemnisés, ce que refuse la FNO, justifiant de la liberté d’entreprendre de l’éleveur au regard de sa situation économique et du contexte de prédation. En effet, 15 % des territoires totalisent 60 % des attaques et 3 % des éleveurs totalisent 30 % des attaques. La FNO avait également fait d’autres propositions qui n’ont pas été prises en compte comme le prélèvement de meutes entières ou la prise en charge du financement des mesures de protection sur le budget du ministère de la Transition écologique. Une nouvelle réunion doit se tenir dans les semaines à venir.