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FNCuma Une volonté d’ouverture vers l’Europe et les acteurs ruraux

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Les adhérents des 13 100 Coopératives d’utilisation de matériels agricoles (Cuma) étaient réunis en congrès à Narbonne du 7 au 9 juin. Tous ont souhaité que les Cuma puissent se développer dans les autres pays européens et s’ouvrir, en France, à l’ensemble des acteurs du monde rural. Mais les réponses du ministère n’ont, semble-t-il, pas toujours été à la hauteur de leurs espérances.

« Un mouvement qui n’arrive pas à s’ouvrir est un mouvement qui meurt », lançait le 9 juin, Joël Castany, vice-président du Cogeca, le syndicat européen des coopératives. Il s’exprimait lors du congrès des 13 100 Coopératives d’utilisation de matériels agricoles (Cuma), réunies du 7 au 9 juin à Narbonne (Aude).

Une ouverture vers l’Europe

De l’avis des participants, l’avenir des Cuma passe par l’ouverture, aussi bien à l’Europe qu’à d’autres acteurs du monde rural. « Le devenir de nos coopératives et leur reconnaissance passe par le développement d’organisations similaires dans d’autres pays de l’Union », expliquait le président de la fédération nationale, Jean-Pierre Carnet. C’est également l’avis de Raïner Schütler, directeur du mouvement européen Coopératives Europe, qui estime que « les Cuma ont un grand intérêt à se développer en Europe, pour faire partager les valeurs du modèle coopératif». « Il y a un frétillement de développement de Cuma en Italie, Belgique et un peu plus en Espagne », se félicite Jean-Pierre Carnet. A l’Est également, on semble intéressé par les Cuma françaises. « Mais les Peco nous contactent le plus souvent pour qu’on leur donne du matériel. Nous ne pouvons pas le faire, mais nous pouvons les aider à développer des projets locaux et apporter notre savoir-faire», a-t-il expliqué.

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Renforcer les liens avec le monde rural

Mais en dehors de cette ouverture européenne que beaucoup estiment nécessaire, le développement d’activités extra-agricoles apparaît également capital. Jean-Pierre Boisson, secrétaire général adjoint à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), estime que « les Cuma doivent sortir de l’agricolo-agricole ». « L’agriculture va jouer un rôle de plus en plus important de fourniture de services en milieu rural et les Cuma doivent y participer», pense Jean-Pierre Carnet. Le projet de loi d’orientation prévoit d’augmenter à 10 000 euros le plafond du chiffre d’affaires concernant les travaux effectués pour le compte des communes rurales. Mais les adhérents des Cuma souhaitent également l’ouverture du sociétariat à des structures autres que des agriculteurs. Or, pour l’instant, selon le représentant du ministre, François Roche-Bruyn, cela n’est pas à l’ordre du jour, « mais le dialogue reste ouvert». « Attention à ne pas remettre en cause les avantages liés au statut coopératif», explique-t-il.

Déception sur les réponses du ministère

Jean-Pierre Carnet a par ailleurs souhaité attirer l’attention sur la « faible part » du budget réservé aux Cuma, dans le cadre de l’Agence de développement agricole et rural (Adar). Selon lui, « seulement 1 % des fonds du développement sont alloués aux Cuma alors que le réseau fédératif participe pleinement au développement de l’agriculture». François Roche-Bruyn a de son côté expliqué les différents dossiers sur lesquels les Cuma seraient susceptibles de recevoir des fonds et les a invitées « à revoir la place dont elles bénéficient au sein de Coop de France» (ndlr : les fonds versés par l’Adar transitent par Coop de France pour les coopératives adhérentes). S’agissant par ailleurs des prêts dits « MTS-Cuma », le représentant du ministre a rejeté l’idée d’un alignement possible des taux sur ceux des Jeunes agriculteurs, qui en bénéficient « au titre de la politique d’installation ». Suite à ces différentes annonces, plusieurs congressistes n’ont pas hésité à prendre la parole, pour dénoncer « l’attitude des politiques préférant flatter et expliquer plutôt que s’impliquer par des actions concrètes». « On vous demande de venir au secours des agriculteurs et vous restez sourds à nos attentes », a lancé un adhérent. En revanche, les congressistes ont été en revanche satisfaits d’apprendre que d’ici fin juin, devrait « enfin » sortir une circulaire permettant la mise à disposition des salariés de Cuma à leurs adhérents. Cette mesure était demandée depuis longtemps par les fédérations.