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Uni-vert, la première coopérative bio et équitable

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Uni-vert, une coopérative de fruits et légumes bio située dans le Gard, a obtenu en janvier dernier sa certification « équitable ». Un label qui lui permet de revendiquer, au-delà de la dimension environnementale du bio, des pratiques éthiques et solidaires.

« Notre certification, obtenue en janvier, nous permet de mettre une étiquette officielle sur ce que nous sommes réellement depuis longtemps », explique Jérôme Chardon, producteur de légumes et administrateur de la coopérative Uni-vert. Ce qu’est Uni-vert, justement, c’est une coopérative de 35 producteurs de fruits et légumes bio, tous rassemblés dans un rayon de 25 km autour de la coop, située dans le Gard à Saint-Gilles. Ces producteurs sont engagés dans une démarche bio, mais se rassemblent également autour de valeurs, sociales, environnementales et solidaires, qu’ils ont choisi de valoriser par une certification « équitable » délivrée par l’organisme Ecocert.

100 % bio, 100 % coop

Les 35 producteurs ont tous l’intégralité de leur exploitation en bio, et ils livrent la totalité de leurs récoltes à la coop. C’est la condition première pour appartenir à la coopérative. Cette dernière gère chaque année 11 000 à 12 000 tonnes de fruits et légumes (salades, pommes, courges, tomates, melons, courgettes, cerises, abricots…), pour un chiffre d’affaires d’environ 16 M€.

Avant de pouvoir adhérer à la coop, les nouveaux entrants potentiels passent, dans la relation, par une période que Jérôme Chardon appelle « les fiançailles » : un genre de période d’essai, avant le mariage, pendant laquelle le prétendant et la coop testent si la relation est envisageable. Car entrer chez Uni-vert, ce n’est pas seulement choisir une démarche économique, c’est adopter une philosophie du métier d’agriculteur.

Équitable

Sous le terme « équitable », Uni-vert s’engage autour de différents objectifs. Les prix de ventes sont calculés en fonction des coûts de production auxquels l’agriculteur ajoute « 10 % de confort », explique Bertrand Feraut, président de la coopérative. Car pour Uni-vert, il est impensable qu’un agriculteur ne puisse pas vivre de son métier. D’ailleurs, lorsqu’il achète les produits à la coop, l’acheteur (magasins spécialisés, grande distribution, exportateur) sait combien l’agriculteur va toucher.

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Au niveau environnemental, les producteurs sont certifiés bio, mais en plus, la coop travaille en « énergie positive » : grâce à des panneaux solaires notamment, elle produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme.

Quant à l’aspect social, chez Uni-vert, les producteurs s’engagent à ne pas faire appel à des travailleurs détachés et respectent l’égalité entre les sexes. À travail égal, un homme et une femme doivent être rémunérés au même niveau.

Échanges de savoir

Un tel fonctionnement ne peut marcher que par la force du collectif. Les producteurs, âgés de 45 ans en moyenne, se rencontrent tous les 15 jours pour échanger sur les questions commerciales (prix), et sur les techniques. Car le bio n’est pas incompatible avec le rendement, affirme Jérôme Chardon. « Nous faisons appel à des techniciens très spécialisés » qui partagent leurs connaissances avec les agriculteurs. « Nous avons, grâce à cela, augmenté nos rendements de 40 % en concombre par exemple ». Les rencontres bimensuelles permettent aussi aux agriculteurs eux-mêmes d’échanger en se basant sur leurs expériences. Car dans le bio, il y a encore « peu de recherche », déplore Bertrand Feraut. Les connaissances évoluent en grande partie grâce à « du bidouillage », lorsque des agriculteurs testent des huiles essentielles ou autres biopesticides par exemple. D’ailleurs, chez Uni-vert on l’affirme : produire des cerises sans diméthoate, c’est possible. Pour lutter contre la Drosophila Suzukii, « on utilise des huiles essentielles et des plaques jaunes – la couleur jaune les attire – sur lesquelles viennent se coller les mouches », explique Bertrand Feraut. Bref, produire en quantité, de qualité, en respectant l’environnement et les hommes, pour Uni-vert c’est faisable, si l’on s’en donne les moyens.

Les producteurs s’engagent à ne pas faire appel à des travailleurs détachés