Après le rejet de l’offre de rachat à 143 Mrd$ (134,56 M€) de son rival l’américain Kraftz, Unilever a annoncé le 6 avril la vente de sa division "margarines", ainsi qu’une hausse de son dividende et un rachat massif d’actions. Avec les marques Flora, Blue Band et Rama, cette activité, confrontée à de fortes contractions du marché, fait partie des secteurs "classés comme non-essentiels ou qui ne rapportent pas assez d’argent", expliquait récemment Joost van Beek, de la banque d’affaires Theodoor Gilissen, à l’AFP. S’il dispose d’un important portefeuille de marques dans l’agroalimentaire, Unilever est également présent dans les cosmétiques, des produits offrant de meilleurs rendements.
Le groupe avait refusé l’offre de Kraft, au motif qu’il n’y voyait "aucun avantage, qu’il soit financier ou stratégique" pour ses actionnaires. Pourtant, cette proposition avait été "un véritable signal d’alarme", d’après Neil Wilson, analyste chez ETX Capital. "Unilever s’est rendu compte qu’il devait faire davantage pour ses actionnaires, mais aussi améliorer ses marges". Unilever a également annoncé son intention de regrouper ses branches "nourriture" et "boissons" dans une même division "plus mince et plus ciblée", basée aux Pays-Bas, dans le but qu’elle atteigne 20 % de marge opérationnelle en 2020 contre 16,4 % en 2016. "Pour 2017, nous espérons une amélioration de 80 points de base", c’est-à-dire une marge de 17,2 %, a indiqué Paul Polman, le directeur exécutif.
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Et sans attendre la concrétisation de ces annonces, Unilever a "l’intention d’augmenter le dividende de 12 % pour l’année en cours" et pourra passer à l’acte dès le 20 avril, lors de l’annonce de ses résultats trimestriels. En prime, l’entreprise lancera un programme de rachat d’actions de 5 milliards d’euros "d’ici la fin de l’année". Une stratégie court-termiste qui devrait surtout empêcher les actionnaires de se laisser tenter par une autre offre du type de celle de Kraft, ont relevé certains analystes.