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Uniporc-Ouest prêt à détecter les mâles entiers

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En mettant en place son protocole de détection des odeurs de carcasses odorantes de mâles entiers, baptisé SanMalo, Uniporc-Ouest a fait la preuve que l’amont de la filière porcine est prêt à basculer dans la généralisation des porcs non castrés.

Présente dans vingt-quatre abattoirs de huit régions françaises, l’organisation professionnelle en charge de la pesée et de la classification des porcs (Uniporc-Ouest) a bâti un protocole dédié à la détection d’odeurs de mâles entiers par nez humain sur les chaînes d’abattage. Baptisé SanMalo, il a pour but de rassurer les industriels réticents à s’y engager en leur proposant un indicateur « tout à fait transparent à la fois pour l’amont (les éleveurs NDLR) et l’aval (l’industriel) », explique Pascal Le Duot, directeur d’Uniporc-Ouest.

Il est communément admis que 1 à 2 % des mâles entiers entrant sur les chaînes d’abattage sont porteurs, dans leur gras, de deux molécules (androsténone et scatol) à l’origine d’odeurs de fécès ou d’urine. C’est une des raisons mises en avant par certains abatteurs et transformateurs de ne pas s’engager sur cette voie. Mais l’entrée en vigueur du décret sur l’arrêt de la castration à vif des porcelets, le 1er janvier 2022, devrait accélérer le nombre d’animaux concernés.

Tests sur bandelette

C’est l’UGPVB, Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), qui a sollicité Uniporc-Ouest en 2020 pour qu’elle bâtisse un protocole réglementaire. Ce travail réalisé avec l’Ifip a consisté à éplucher toutes les références scientifiques, normatives et opérationnelles. Les opérateurs allemands, néerlandais et français engagés dans la détection des carcasses odorantes ont été rencontrés. Le dispositif SanMalo repose sur cinq notes, de l’absence d’odeurs à une odeur forte. « La même grille d’appréciation est utilisée partout en Europe », poursuit Pascal Le Duot. Il prévoit le nombre d’opérateurs nécessaire en fonction du volume d’abattage, leur formation et leur qualification.

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Il met en place un contrôle des opérateurs en début de journée (test sur bandelettes), exactement comme Uniporc-Ouest le fait en contrôlant les balances de pesée chaque matin, avant le démarrage de l’activité industrielle. L’ensemble de ces données sont intégrées dans l’ERP de l’abattoir pour qu’il oriente automatiquement les carcasses odorantes vers un autre circuit de valorisation. Elles sont également transmises aux groupements de producteurs et aux éleveurs pour les informer de la moindre valorisation de la carcasse odorante.

Pour financer ce dispositif, Uniporc-Ouest a prévu une cotisation spécifique aux éleveurs de mâles entiers représentant « autour de 30 centimes par porc », précise Pascal Le Duot. Des tests démarrent actuellement dans deux abattoirs – Hénaff dans le Finistère et Holvia Porcs (groupe Terrena) en Mayenne. Selon Pascal Le Duot, « deux à trois mois sont nécessaires pour implanter le dispositif dans le fonctionnement d’un abattoir ».

« Deux à trois mois pour implanter le dispositif dans un abattoir »