Cagoules, violences, attaques directes contre des députés ou un ministre, déversements de terre devant des supermarchés… on n’avait pas vu cela depuis longtemps. Des manifestations de ce type sont bel et bien réapparues dans l’ouest de la France la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture. Bon nombre de syndicalistes s’en inquiètent et ils ont raison. Il n’est jamais bon que des manifestations anonymes et violentes se développent. D’une part, les dérives ne sont pas loin. D’autre part, il est impossible de régler ou négocier quoi que ce soit puisqu’aucune organisation dûment mandatée ne peut s’exprimer à la place des manifestants. Et puis, au lendemain d’une élection professionnelle, ce type de mobilisation montre peut-être que les organisations représentatives ne sont pas vraiment en mesure de canaliser le malaise.
En outre, ces manifestations, qui seront sans doute suivies par d’autres de même nature, révèlent des situations sans espoir, dans le lait en particulier. Une étude de l’interprofession laitière montre que 40% des exploitations sont sans rentabilité. Certes, quelques centimes de mieux au litre de lait pourraient arranger les choses sans que le budget du consommateur n’en soit vraiment affecté. Certains distributeurs commencent à reconnaître qu’un effort est indispensable et se proposent de la faire. Mais c’est une chose de régler le problème d’aujourd’hui. C’en est une autre de donner une visibilité, un espoir à long terme qui suffise à justifier des investissements lourds.
Pour toutes ces raisons, les pouvoirs publics comme les syndicats agricoles devraient prendre, d’urgence, très au sérieux le retour de ce type de manifestations.

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