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Communication Vache verte, chèvre verte et mouton vert pour redorer le blason de l'élevage

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« L'équilibre est dans le pré », voici le nouveau message de la grande campagne de communication lancé par le secteur de l'élevage au travers de « La vache verte ». Mais la première action de communication, le 1er juillet, au cœur de Paris, a laissé certains passants… perplexes !

Face aux attaques incessantes que subit l'élevage (bien-être animal, réchauffement climatique, etc.), la Confédération nationale de l'élevage (CNE) avec les interprofessions des filières lait et viande, (interbev et Cniel) ont décidé de réagir avec une action de communication nationale. Ainsi la vache verte, la chèvre verte et le mouton vert vont faire parler d'eux cet été avec des visites d'élevage et la publication d'un livret « l'équilibre est dans le pré » (site internet : www.vacheverte.fr). Le 9 juillet, a également été annoncé la mise en place de 2 000 banderoles dans les prés de portant le message « l'équilibre est dans le pré ». Il s'agit d' « une grande campagne de communication afin de donner la parole aux éleveurs » et de défendre l'élevage français », explique Jean-Pierre Fleury, président de la CNE. Il rappelle par exemple que la Mairie de Paris a fait part dans un communiqué du 23 juin de sa volonté de « réduire de 20 % la part carnée des repas de la restauration collective (crèches, écoles, maisons de retraites, foyers, restaurants administratifs, etc.) en proposant un menu végétarien par semaine, pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre ».

Une vache « maquillée » de vert à Paris

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bien-être animal
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Cette proposition s'inscrit dans le cadre du plan « Alimentation durable 2015-2020 », proposée par Célia Blauel, adjointe à la Maire de Paris, en charge de l'environnement et voté le 1er juillet. Une décision qui a de quoi faire bondir la filière surtout dans un contexte particulièrement difficile pour les éleveurs et où l'interprofession comme le ministre de l'Agriculture pousse au développement de la viande française en restauration hors foyer. La communication est donc bien nécessaire au sujet de l'élevage français. Pour autant, pas sûr que la vache « maquillée » en vert (peinture au maïs) qui a élu domicile au jardin du Luxembourg, à Paris, ce 1er juillet, durant quelques heures ait fait mouche pour défendre les atouts du secteur (entretien des territoires, emplois, activité humaine, fertilisation des sols...). Si des sénateurs sont venus soutenir le lancement de cette campagne de communication ce jour-là, les passants eux se sont interrogés, choqués parfois, de voir un « animal peinturluré » de la sorte, un jour de canicule. Le bien-être de cette vache normande a pourtant bien entendu été respecté (eau à volonté, fourrage, ombre et « peinture protectrice des mouches ! »). L'action qui se veut pro-élevage risque malheureusement d'avoir été interprétée autrement par les défenseurs de la cause animale.

Nutrinoë (nutrition animale) se lance également dans la communication

Nutrinoë, ancienne association des fabricants d'aliments du bétail, a présenté sa nouvelle campagne de communication (affiche, magnets, films, visites d'entreprises…) lors de son assemblée générale, le 7 juillet à Rennes. Hervé Vasseur et Laurent Morin, respectivement président et directeur de Nutrinoë, ont rappelé l'importance de la communication dans un secteur de l'élevage en crise. Un discours conforté lors de la table-ronde, organisée par Nutrinoë, sur la complémentarité entre alimentation animale et production laitière. « Communiquer n'est pas polémiquer », observe Patrick Wecxsteen, directeur régional de Sodiaal. « Il s'agit de raconter son histoire ». Les membres de la table ronde sont tombés d'accord sur le fait que la communication est « un métier » et que chaque maillon de la filière doit s'y exercer sans empiéter sur le secteur de l'autre.