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Valade en marche pour la croissance

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Le groupe corrézien de compotes et confitures se met en ordre de marche pour poursuivre son fort développement, tant en France qu'à l'étranger.

Léonce Blanc, fondateur historique de Valade en 1892, peut reposer en paix. Toujours implanté à Lubersac en Corréze, son groupe spécialisé dans la fabrication de compotes et confitures, est passé en quelques années de la PME à l'ETI. Il emploie aujourd'hui 270 salariés, pour un chiffre d'affaires de 82 millions d'euros, réalisé à 20% à l'international, notamment grâce à une opération de croissance externe en Italie. Mais ses dirigeants visent bien plus haut ! « Nous cherchons aujourd'hui à développer de nouveaux relais de croissance, à l'international, en particulier dans le "grand export", comme dans la grande distribution. Nous venons de développer une marque "premium", qui porte le nom de notre fondateur, et regardons de près les nouveaux circuits de distribution comme le commerce en ligne », explique Anne-Laure Mérillou, directrice administrative et financière du groupe depuis 2004. Enfin, l'entreprise a aussi un œil sur le marché. « Il faut toujours avoir la perspective de grandir dans notre monde, et savoir saisir les opportunités de croissance externe. Nous restons à l'écoute du marché, dans le domaine dufruit évidemment qui constitue notre savoir-faire et notre expertise », explique Anne-Laure Mérillou.

UNE SÉLECTION MÉRITÉE

On comprend que Valade ait été sélectionnée par BPIFrance pour faire partie de la vingtaine d'entreprises qui bénéficient du Programme Accélérateur ETI, lancé en mai dernier (voir encadré). « C'est un accompagnement sur 24 mois qui doit nous permettre d'accélérer notre croissance. Il comprend des formations à HEC pour les dirigeants d'entreprise, sur des sujets comme la digitalisation, la croissance externe ou le développement international. Nous partons notamment en septembre en Chine. Des équipes de consultants vont par ailleurs nous aider à affiner notre stratégie et nous allons être parrainés par plusieurs responsables de très grandes entreprises », explique Anne-Laure Mérillou. Une ouverture d'autant plus importante pour une entreprise comme Valade, située en pleine campagne, un peu loin de tout. « Nous avons besoin de développer des relations extérieures et de nous confronter à nos pairs. Pour ne pas se sentir trop isolés, il est essentiel de faire de la veille et des partages d'expérience », souligne Anne-Laure Mérillou, qui s'est notamment impliquée dans le réseau de la DFCG (Association nationale des directeurs financiers et de contrôle de gestion).

DES CONTRAINTES STRUCTURANTES

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Sous LBO depuis 2007, Valade est aujourd'hui détenue par des investisseurs financiers bancaires, filiales des groupes Crédit agricole et BNP Paribas. Un basculement qui a contraint l'entreprise à beaucoup plus de structuration en termes de reporting et d'organisation. « Les exigences des actionnaires financiers représentent des contraintes, mais la mise en place d'indicateurs nous a fait beaucoup progresser. Nous avons mis en place un processus budgétaire, une comptabilité de gestion, des benchmarks, etc., qui permettent aujourd'hui de prendre des décisions rapidement », souligne Anne-Laure Mérillou. L'entreprise vient aussi de recruter un responsable des systèmes d'information. « Jusqu'à présent, la fonction était externalisée, mais aujourd'hui il est important que tout le monde ait l'information le plus vite possible, en particulier nos commerciaux itinérants », indique Anne-Laure Mérillou.


23 entreprises sélectionnées pour le programme Accélérateur d'ETI de BPIFrance 
C'est en mai dernier qu'ont été désignées les 23 entreprises sélectionnées pour bénéficier du programme Accélérateur ETI, un programme d'accompagnement destiné à « décupler les leviers de croissance de futurs champions internationaux ». Aux côtés de Valade, ont notamment été sélectionnées Addev, Novarc, La Maison Bleue, Optimum ou Eugène Perma. Toutes vont bénéficier d'un accompagnement sur mesure et sur 24 mois, comprenant notamment la création d'un « advisory board », un parrainage par une « personnalité d'exception », des séminaires de réflexion stratégique, des missions d'accompagnement et de conseil (sur des thématiques variées comme la croissance externe, le développement commercial, la transformation digitale, l'industrie 4.0, l'organisation/management ou la gouvernance). « L'objectif est d'aider ces ETI à renforcer leur stratégie de long terme, activer les leviers de croissance et favoriser [a constitution de réseaux solides, internes et externes », explique BPIFrance. Ou, selon les mots de Nicolas Dufourcq, son directeur général : « Nous avons 24 mois pour catapulter ces ETI dans le monde de 2030 ».



L'entreprise, qui établit ses comptes consolidés selon les normes comptables françaises, boucle aujourd'hui ses situations mensuelles en une quinzaine de jours. La clôture annuelle est réalisée à la fin août pour tenir compte de l'activité évidemment cyclique de l'entreprise, en particulier pour les compotes de pommes. « Les pommes sont cueillies en septembre/novembre, et nous stockons les boîtes de conserve de compote jusqu'à l'année suivante. Compte tenu des délais de paiement de nos fournisseurs, nous avons une pointe de besoin de fonds de roulement en février-mars », explique Anne-Laure Mérillou. Pour y faire face, l'entreprise a mis en place avec ses banques des crédits de campagne et des financements à court terme adaptés.

ENCORE DES PROJETS

À moyen terme, Valade a toujours privilégié l'autofinancement ou des financements bancaires. Y compris pour ses opérations de croissance externe et pour le financement de ses investissements (autour de 3 millions d'euros cette année). « Notre pool bancaire est constitué par les banques liées à nos actionnaires, mais nous travaillons aussi avec une banque locale, la banque Tarnaud (groupe Crédit du Nord) qui connaît bien l'entreprise et son activité, explique Anne-Laure Mérillou. A l'avenir, nous pourrions aussi être amenés à considérer les systèmes de refinancement du poste client, en particulier l'affacturage confidentiel ». Une introduction en Bourse ? « Nous ne l'avons pas encore évoquée, mais pourquoi pas ? Beaucoup d'entreprises moyennes se développent aujourd'hui grâce aux marchés financiers »...