Michel Barnier ne veut pas être confiné rue de Varenne. Il s’est récemment proclamé, devant la Sopexa, « ministre du commerce extérieur agricole et agroalimentaire » et « ministre de l’alimentation » à l’occasion de la Semaine du Goût. Il se dira peut-être un jour « ministre de l’industrie » … pour l’agroalimentaire et les énergies et la chimie vertes. Cette semaine, il redevient en quelque sorte le « ministre des Affaires européennes » qu’il a déjà été et commence sans attendre, huit mois avant de pouvoir présider le Conseil agricole de l’UE, sa campagne de séduction auprès des 26 autres Etats membres. Il retrouve en effet à Luxembourg ses collègues avec pour première gloire (supposée) d’avoir participé à un Grenelle de l’environnement qui n’a guère son pareil dans les autres capitales. Or, cela n’est pas tout à fait anodin à la veille d’échéances cruciales où il faudra redéfinir le rôle de l’agriculture et de l’espace rural après qu’ait été dressé le bilan de santé de la Pac. L’ancien commissaire chargé de la politique régionale et de la réforme des institutions européennes a dû rêver plus d’une fois à un dialogue meilleur entre la Commission et le Conseil et il ne manquera donc pas d’idées à passer au banc d’essai dans le cadre du « comité des sages » que Nicolas Sarkozy lui demande en outre de créer pour réfléchir à l’avenir européen. A défaut de faire jouer à l’agriculture et à l’industrie alimentaire leur partition dans le concert de la relance économique, il cherchera à jouer la sienne dans la relance politique de l’Europe d’après le mini-traité. Toutefois, veut-on espérer, le ministre français de l’agriculture sait sans doute que des succès concrets sur le premier point – très difficile au demeurant – ne seraient sûrement pas inutiles pour réussir le second.
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