Après le sucre, c’est au tour du vin - en attendant les fruits et légumes… toutes les organisations communes de marché repassent « sur le billard ». Mariann Fischer Boel, qui n’est pas adepte de la méthode douce, a su arriver à ses fins pour qu’un nouveau régime sucrier, à compter du 1er juillet, tourne complètement le dos à son dispositif originel. Même si cette filière est assez compétitive pour parer le choc, l’Europe va se priver de 30 % de sa production et renoncer à sa position exportatrice pour devenir importatrice nette de sucre. Pour le vin maintenant, dont la situation critique coûte directement au contribuable depuis tant d’années, on pouvait s’attendre à une médecine aussi rude. En fait, la proposition de la Commission souffle le chaud et le froid. Elle maintient une OCM spécifique et n’en diminue pas le budget, mais c’est pour l’affecter à une politique d’arrachage de 10 % du vignoble européen ainsi qu’à un plan social de grande envergure. Plus question de gestion conjoncturelle du type des distillations de crise que viennent d’obtenir in extremis la France, l’Espagne et la Grèce. Place à la lutte contre les excédents structurels. Le tollé est complet chez les producteurs français, et partagé par le gouvernement. Le négoce, lui, plus en contact avec le marché, salue cette volonté de réformer en profondeur, déplorant quand même le peu d’efforts prévus pour adapter nos vins à la demande : assouplir les pratiques œnologiques ne peut suffire, il faut une ambition exportatrice et des moyens à son service. Sinon, les producteurs auront beau jeu de crier à la trahison et de refuser que la viticulture européenne devienne une variable d’ajustement du marché mondial.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.