INVESTISSEMENT/FRUITS TRANSFORMÉS > En Lorraine, Vegafruits multiplie les innovations. La coopérative, spécialiste de la mirabelle, achève des investissements d'environ 4 millions d'euros, qui vont notamment lui permettre de produire des purées de fruits. Elle travaille par ailleurs à la commercialisation de son huile de mirabelle dans la cosmétique.
Vegafruits, la coopérative fruitière de Lorraine (1), notamment connue pour la mirabelle, va finaliser sous peu un programme d'investissement d'environ 4 millions d'euros sur deux ans. Un montant important pour l'entreprise, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 7,8 millions d'euros en 2014. « Grâce à ces investissements, nous allons produire de la purée de fruits, ce que nous ne faisions pas jusqu'ici, explique Bruno Colin, directeur général. Avec les saisons qui raccourcissent, nous doublons aussi nos capacités de surgélation à l'heure, pour traiter les fruits au meilleur moment. Enfin, nous travaillons sur de nouveaux conditionnements pour les fruits de bouche. » L'extension de l'offre et les innovations font partie des axes de travail de la coopérative depuis longtemps. Elle a investi dans la surgélation dès 2003 et a commencé à travailleur sur la valorisation des noyaux quelques années plus tard.
DÉMARCHE DE VALORISATION DES NOYAUX
Après leur utilisation comme combustible ou comme décoration paysagère, Vegafruits est passé à une autre étape : la commercialisation d'huile d'amandon de mirabelle pour des applications cosmétiques. « Nous n'avons qu'une ligne de production artisanale pour l'instant car le développement de cette activité prend du temps mais nous avons déjà de belles références, comme la mousse auto-bronzante de Clarins à l'huile de mirabelle. En attendant, nous mettons aussi notre installation à disposition d'industriels qui veulent faire des essais », explique Bruno Colin. Avec des coûts de production élevés, l'huile de mirabelle n'est pas très lucrative. « Mais cela nous fait gagner un peu d'argent avec un déchet que l'on payait pour évacuer, et c'est très bon pour notre image. Avec un produit comme celui-là, nous pouvons expliquer que tout est bon dans la mirabelle », résume Bruno Colin. Le travail en cours sur les principes actifs de la mirabelle elle-même lui laisse entrevoir de futurs développements produits intéressants.
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Vegafruits travaille beaucoup l'image de ses fruits. « La mirabelle n'est pas sur la liste de courses, c'est un achat d'impulsion. C'est pourquoi il est important pour nous d'innover et de communiquer », notre Bruno Colin. Depuis trois ans, l'entreprise propose ainsi des corbeilles de fruits que les entreprises peuvent offrir à leurs salariés dans la région. Une offre qui rencontre un certain succès.
Pour l'heure, la récolte s'approche. Elle s'annonçait moyenne et la vague de chaleur amplifie les incertitudes. En 2013 et 2014, Vegafruits (Saint-Nicolas-de-Port, 54), qui emploie 10 personnes auxquelles il faut ajouter 60 à 70 saisonniers en équivalent temps plein, a connu une croissance annuelle de 10 %. Grâce à une bonne récolte, mais aussi à une meilleure valorisation des ventes. L'an passé, les 200 producteurs adhérents ont apporté environ 8 000 tonnes de fruits, dont 70 % de mirabelles. Les ventes sont réalisées pour moitié avec des fruits frais et pour moitié avec des fruits transformés.
A noter, Vegafruits a reçu le prix or de la catégorie « Développement de filière innovation technologique » des trophées des initiatives coopératives pour sa démarche de valorisation des noyaux de mirabelles.
(1) En réalité, Vegafruits est le bureau commercial de l'union de trois coopératives fruitières : Jardin de Lorraine, Vergers de Lorraine et Côteaux Lorrains.