Abonné

Vegetal signals observe la vie électrique des plantes

- - 3 min

Utiliser l'activité électrique des plantes pour connaître leur état de santé, comme cela se fait déjà très largement pour les humains (électrocardiogramme, encéphalogramme…) C’est de cette idée, présentée lors d’un concours de start-up, qu’ont été créées en 2016 deux sociétés françaises : Echo Green et Vegetal Signals. La première n’existe plus, la seconde continue son chemin, emmenée par un jeune ingénieur en neurosciences, Fabian Le Bourdiec.

Après avoir réalisé sa preuve de concept sur le marché du maïs irrigué – sans pouvoir y transformer l’essai faute de valorisation suffisante, Vegetal Signal s’est tournée vers des opérateurs (viticulteurs, semenciers… ) plus à même de profiter des spécificités de cette technologie : une information en continu, à la seconde durant toute la durée de la pousse, et une très large variété de données récoltables (stress hydrique, apparition de maladies…).

L’application la plus avancée concerne les semenciers, avec qui Vegetal Signal construit des modèles de résistance des plantes aux stress hydriques (température, humidité dans l’air ou dans le sol). En fonction du signal électrique émis par les plantes et de l’environnement hydrique associé, Vegetal Signal peut calculer le comportement d’une variété face à des conditions plus drastiques. « On fournit des notes de résistance au stress», résume Fabian Le Bourdiec
En viticulture, Vegetal Signal est parvenu, dans le cadre du programme Vitirev, à détecter l’heure de dépôt des premières spores de mildiou sur une vigne, et leur vitesse de développement. De ces travaux, la start-up veut construire une stratégie de traitement avec un fabricant de pulvérisateur et un partenaire académique. En arboriculture, elle travaille sur un modèle de déclenchement du traitement phyto d’éclaircissage des pommiers, par le suivi des taux d’auxine et d’éthylène.

Fabian Le Bourdiec espère concrétiser les premiers projets courant 2021. Pour ce faire, il veut « accélérer le développement », avec une levée de fonds de 1,2 à 1,5M€, qu’il souhaite boucler d’ici fin décembre. L’idée est notamment d’investir dans des infrastructures de traitement de données, afin de pouvoir fournir lui-même son outil d’aide à la décision. Des discussions sont en cours avec des industriels, mais aussi la Caisse des dépôts, intéressée par le volet de réduction des phytos en viticulture.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.