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Vin Vendange plus abondante qu’en 2012, mais moins que la moyenne sur 5 ans

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La vendange 2013 est plus abondante qu’en 2012, mais moins que la moyenne quinquennale, a indiqué la Confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF), le 6 novembre lors de son point annuel sur les vendanges. Ces deux années de petites récoltes rendent les professionnels vigilants à ne pas perdre de marchés, d’autant plus que la production de l’Espagne et de l’Italie est en nette reprise.

La vendange 2013 est supérieure de 7 % à celle de 2012 en volumes en France, mais 3 % de moins que la moyenne quinquennale, a indiqué la CCVF, citant et commentant les statistiques d’Agreste, le 6 novembre lors de sa conférence de presse annuelle sur le bilan des vendanges.
La production française de vin s’élève selon la CCVF à 44,1 millions d’hectolitres (Mhl), , contre 41,4 Mhl l’an dernier.
 
Un rebond tout relatif
Ce rebond de 7 % doit être relativisé, car il est imputable pour plus d’un million d’hectolitres à celui de la production des Charentes (8,8 Mhl, contre 7,6 Mhl en 2012, soit +15 %), dont une grande partie est transformée en Cognac, a précisé Boris Calmette, président de la CCVF.
La récolte a été nettement plus abondante que l’an dernier en Champagne (+43 %), en Val de Loire (+41 %), en Bourgogne-Beaujolais (+21 %), en Languedoc-Roussillon (+10 %), dans le Jura (+10 %) et en Savoie (+9 %). La vendange est en revanche plus faible dans le Bordelais (-19 %), en Sud-Ouest, c’est-à-dire Midi-Pyrénées et Aquitaine sauf le bordelais (-11 %) en Alsace (-11 %) et dans le Sud-Est (-6 %).
Une remarque : la progression de l’ensemble Bourgogne-Beaujolais (+21%) correspond de fait essentiellement à la reprise de la production de Beaujolais, qui était en crise ces dernières années. « Un grand nombre d’exploitations souffraient ces dernières années en Beaujolais, et il a fallu arracher des vignes », a commenté Boris Calmette. Mais cette année, les Beaujolais ont repris en quantité comme en qualité, avec « une belle expression aromatique ».
La vendage bourguignonne a été « petite », en raison du printemps froid et pluvieux qui a provoqué coulure (les fleurs mal fécondées coulent entraînant une diminution du potentiel de production) et millerandage (fécondation imparfaite de la fleur qui  empêche le développement normal des grains de raisin). Sur le plan qualitatif, les rouges s’annoncent avec « de beaux tanins », selon la CCVF.
 
Repli des ventes de champagne
La vendange champenoise a été particulièrement tardive, la majorité des crus commençant la cueillette dans les premiers jours d’octobre « ce qui ne s’était pas vu en Champagne depuis deux décennies ». Le point d’inquiétude des professionnels est le fléchissement des ventes : -2,9% en un an depuis août 2012, notamment sur le marché français (-4,9%), qui représente plus de la moitié des ventes, a précisé Éric Potié, président de la Fédération des coopératives vinicoles de Champagne.
Les volumes produits en Val de Loire sont en forte progression, « avec de beaux millésimes en blancs et crémants, mais un peu faibles en rouges » en termes de qualité.
En Languedoc-Roussillon la reprise de la production est modérée, le potentiel ayant été affecté par la coulure, surtout sur les plants de merlot.
Au chapitre des baisses de production, la région Midi-Pyrénées enregistre des volumes inférieurs d’environ 25% à ceux de 2012. En cause, la coulure. Mais les premières cuvées laissent déguster des blancs « frais et aromatiques » et des rouges et rosés « souples et gouleyants », selon la CCVF.
L’Alsace a un potentiel en diminution, mais avec « une grande réussite du millésime » des crémants et des Gewurztraminer, et une « bonne acidité qui laisse présager l’élaboration de vins secs et de garde ».
Dans les vins du Sud-Est, ceux de la vallée du Rhône ont vu leur potentiel de production amputé par la coulure, notamment sur grenache. Niveaux de production « corrects » dans le nord de la Drôme, mais dégradés par la coulure dans le Gard et le Vaucluse.
S’agissant du Bordeaux, les premières dégustations ont montré une perte du caractère végétal au profit d’arômes de fruits frais, une richesse en sucre moyenne et de l’acidité. Les blancs secs s’annoncent « d’une bonne typicité ».
 
Une réflexion sur la productivité
La faible récolte du millésime 2013 interroge les professionnels sur la productivité, a indiqué le président de la CCVF. « La France doit se poser la question de la productivité de son vignoble pour fournir son marché. Nous devons intégrer le fait que les vins français sont substituables sur les marchés », a-t-il fait remarquer. La première réunion d’un groupe de travail a eu lieu dernièrement à FranceAgriMer sur ce sujet, une seconde se tiendra prochainement.
À l’appui de cette réflexion, Olivier Merrien, directeur de l’Institut coopératif du vin, a indiqué que les vins d’Amérique du Sud (Chili, Argentine) se vendent aux m^mes prix que ceux du Languedoc, et que leurs rendements sont supérieurs de 20 à 30%. « L’expérience agronomique nous montre tous les jours que la qualité d’un vin est systématiquement meilleure quand le rendement est faible est erronée. Ce n’est pas parce que le rendement sera 5% plus bas que la qualité sera 5% meilleure », a poursuivi Olivier Merrien.
La production de l’UE à 28 est en hausse de 15,2 % cette année, notamment du fait de l’Espagne et de l’Italie, et la production mondiale est en hausse de 9 %. Cela malgré des arrachages de plusieurs centaines de milliers d’hectares, ce qui montre que la productivité peut s’accroître, a ajouté Boris Calmette.

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