S'il n'est certes pas encore acté, le système de code nutritionnel couleurs recommandé dans l'article 5 de la Loi de santé publique fait décidément l'unanimité contre lui. Après l'Ania, la FCD, plusieurs voix continuent de dénoncer, les limites de ce système défendu par le professeur Serge Hercberg et sur lequel s'ap-puie Marisol Touraine.
Mandatée par la direction générale de la santé, l'Anses a remis son rapport en toute discrétion début juin. Un rapport intitulé Evaluation de la faisabilité du calcul d'un score nutritionnel tel qu'élaboré par Rayner et al, dont les conclusions sont pour le moins mitigées. Ainsi, l'Agence nationale de sécurité alimentaire indique que « le travail mené ne permet pas de conclure quant à la pertinence réelle de l'utilisation de l'outil en matière d'étiquetage nutritionnel, d'information du consommateur, des évolutions de comportements ou de l'offre alimentaire qu'il aurait vocation à induire et donc quant à sa pertinence globale en matière de santé publique ».
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Dans le même temps, le Conseil national de l'alimentation (CNA) a rendu « une note de questionnement », dans laquelle il évoque plusieurs prérequis à la mise en œuvre d'un système efficace. Et le CNA ne mâche pas ses mots. « Un étiquetage ne fait pas une politique alimentaire », va-t-il jusqu'à écrire, non sans souligner également qu'un tel système ne doit pas porter atteinte au modèle alimentaire français (…/…) et ne pas conduire à une médicalisation de l'alimentation ».
Une note du CNA que devraient plébisciter les professionnels de l'alimentaire, tous vent debout contre un code couleur qu'ils jugent stigmatisant. quant au rapport de l'Anses, vu ses conclusions, pas étonnant qu'il n'ait fait l'objet d'aucune publicité de la part du ministère de la Santé. Sans doute ce dernier attend-il un prochain rapport, favorable cette fois, pour le faire