C’est la première fois que la France vend du blé de type hard. Un fait lié à la qualité exceptionnelle de la récolte 2017. Mais la concurrence à l’international reste rude pour le blé français.
Du blé français de type hard (teneur élevée en protéines) a été vendu pour la première fois, avec comme acheteur l’Arabie saoudite, a indiqué le 13 décembre FranceAgriMer, soulignant l’exceptionnelle qualité de la récolte 2017. Le contrat au départ de Nantes/Montoir porte sur 55 000 t de blé tendre à 12,5 % de protéines, 77 kg/hl de PS, 170 s de Hagberg, 26 % de gluten humide.
Selon FranceAgriMer, « le potentiel de blé tendre hard vers l’Arabie saoudite représente 300 000 à 400 000 t » pour 2017-2018, a signalé Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l’unité grains et sucre. Une vente inédite, liée à la « qualité particulière » de la moisson 2017 et à la « concurrence moindre » du nord de l’Europe, l’Allemagne subissant une récolte dégradée. Si de précédentes livraisons au départ des ports français ont déjà concerné l’Arabie saoudite – 207 000 t en 2013-2014 et 89 000 t en 2014-2015 – il s’agissait de blé soft, précise-t-elle.
Mer Noire, États-Unis et Argentine comme concurrents
Les embarquements vers les pays tiers totalisent 2,751 Mt au bout de cinq mois, soit +33 % en glissement annuel. Un chiffre qui reflète l’augmentation des volumes récoltés. Cela montre surtout l’accélération de l’export de blé tendre : en novembre, les embarquements affichaient +12 % par rapport à la même date en 2016-2017. FranceAgriMer révise toutefois à la baisse les perspectives pour la campagne actuelle à 9,5 Mt vers les pays tiers (contre 9,9 Mt le mois dernier). De moindres volumes sont anticipés notamment vers le Mexique, a précisé Olivia Le Lamer. « La concurrence mondiale reste extrêmement forte », d’après elle. Plusieurs origines se distinguent. La mer Noire reste très présente, notamment au Maroc face au blé français. « Les États-Unis regagnent en compétitivité sur le marché mondial, avec un prix du SRW (blé rouge d’hiver, NDRL) qui a beaucoup baissé », a-t-elle signalé. Un autre gros concurrent est l’Argentine, notamment sur le marché algérien.
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Orge : coup d’accélérateur pour l’export
Concernant l’orge, les embarquements vers les pays tiers dépassent 800 000 t au bout de cinq mois, soit + 28 % en glissement annuel (+11 % le mois dernier). « La dynamique s’accélère » pour les exportations, a souligné Olivia Le Lamer, notant des volumes à 950 000 t au 11 décembre. Une « réorientation des flux » se dessine lors des deux derniers mois de l’année, selon elle : la destination Afrique du Nord monte en puissance ces dernières semaines, quand le Proche et le Moyen-Orient ainsi que la Chine tombent à zéro.
Un potentiel de 300 000 à 400 000 t de blé hard vers l’Arabie saoudite