Le battage que fait la France autour de ses six mois de présidence de l’Union va permettre de mesurer ce que vaut la puissance du verbe. Et si les passes d’armes entre Nicolas Sarkozy et Peter Mandelson, par exemple, changeront vraiment quelque chose au calendrier serré auquel semble tenir le négociateur européen autant que le directeur général de l’OMC. Un autre test, plus rapide encore, va nous en être donné après la charge du président français contre la BCE : depuis le temps qu’elle en parle, la banque en arrivera bien à relever ses taux. Tel est le nouveau risque émergent qui reviendrait à casser davantage la consommation, l’immobilier et tous les ressorts de la machine économique dans la zone euro. Deux ans après la flambée des céréales, un an après la crise des subprimes, le retour à des eaux plus calmes ne peut plus être espéré pour cette année à cause du troisième choc pétrolier qui, lui, est appelé à durer. De ces désordres successifs, il est vrai que deux d’entre eux sont le fruit (amer) d’une belle croissance mondiale. Tous trois, maintenant, provoquent un refroidissement des économies développées qui peut aisément se transformer en récession. Même les pays émergents en seront freinés et cela pourra, au dire de bien des experts, casser à court terme les hausses des produits de base. Pour les produits agricoles, dont la volatilité est maintenant un fait acquis, il faut même s’attendre à de nouveaux points bas. Toute la question est de ne pas en tirer prétexte pour continuer à sous-investir comme cela a été trop longtemps le cas ces dernières décennies.
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