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Vers de nouvelles protéines à partir de mircroalgues

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Les microalgues sont sources de protéines, de fibres, d’acides gras oméga-3 et oméga-6 et de vitamines A, B, C et B12. Crédits : © NRI

Un projet de recherche britannique ambitionne de développer de nouvelles technologies d’extraction et de transformation des microalgues. Les chercheurs veulent élargir l’utilisation dans l’agroalimentaire de cet ingrédient facile à produire localement. 

Reconnues pour leur teneur élevée en protéines et leur faible impact carbone, les microalgues se font une place comme ingrédient de choix dans l’alimentation. Mais leur potentiel en tant que source alternative de protéines reste limité par les méthodes conventionnelles d’extraction de protéines « coûteuses, peu durables, inefficaces et [pouvant] laisser un arrière-goût désagréable », soulignent des chercheurs du Natural Resources Institute (NRI) dans un communiqué publié récemment. Pour y remédier, cet organisme public de recherche dépendant de l’université de Greenwich à Londres a lancé une collaboration avec l’Imperial College London (ICL) et la start-up de biotechnologie Arborea afin de développer une technologie capable de produire des protéines de microalgues durables avec un profil de saveur amélioré (1). 

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Une protéine riche en micronutriments

Ce projet d’une durée de deux ans est dirigé par Parag Acharya, expert en protéines alternatives du NRI, et Yixing Sui, biotechnologue des algues à l'université de Greenwich. Ces derniers prévoient d’identifier les composés responsables du goût « désagréable » des microalgues et après identification, de développer une technologie pour l’élimination ciblée ou le masquage de ces arômes. Un goût plus neutre devrait contribuer « à améliorer l’acceptation par les consommateurs de sources de protéines riches en micronutriments et durables comme les microalgues », espère Parag Acharya. Avec l’appui des autres participants à ce projet, ce dernier explorera aussi l’influence des conditions de croissance et des méthodes d’extraction des protéines sur la saveur des microalgues produites. 

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Selon Parag Acharya, ce projet collaboratif « facilitera non seulement la production alimentaire à faible teneur en carbone, mais contribuera également à combler le déficit nutritionnel des aliments végétaux ». Et d’après une note du 2 février 2023 du Conseil européen de l'information sur l'alimentation, le rendement annuel en protéines des microalgues est de 4 à 15 tonnes par hectare, contre 0,6 à 1,2 tonnes de protéines par hectare et par an pour le soja. En plus de nécessiter beaucoup moins de surface terrestre et d'eau douce que les protéines animales, les microalgues ont une croissance rapide et peuvent être cultivées localement dans des lieux non propices à l’agriculture. Ainsi, leur production n’entre pas en concurrence avec les activités agricoles déjà présentes sur un territoire. 

(1) Ce projet appelé PROFILE (Protein RecOvery for Food using Ionic Liquid Extraction) a reçu une subvention de l’organisme public Innovate UK et du Conseil pour la recherche en biotechnologie et sciences biologiques (BBSRC).